Le général togolais d’origine nigériane, Assani Tidjani, proche collaborateur et «homme à tout faire» de feu le général Gnassingbé Eyadema, le défunt chef de l’Etat togolais, s’est éteint, le vendredi 7 décembre dernier, à Limoges (France) dès suites d’une longue maladie. Des sources concordantes proches du microcosme politique ivoirien et sous-régional ont toujours présenté le général Tidjani comme l’un des «parrains» de la rébellion armée ivoirienne déclenchée en septembre 2002. M. Tidjani aurait joué un rôle trouble auprès de Guillaume Soro et ses compagnons de la rébellion armée. Même s’il fut, dit-on, l’émissaire d’Eyadema aux côtés de la rébellion armée pour impliquer celle-ci dans les pourparlers de Lomé en 2002 entre le pouvoir Gbagbo et les rebelles. Avant que ces pourparlers ne soient torpillés par Abdoulaye Wade et Jacques Chirac pour donner lieu à la table-ronde de Linas-Marcoussis, banlieue parisienne. La proximité du général Tidjani avec la rébellion armée pro-Ouattara en Côte d’Ivoire est apparue au grand jour lorsque l’ex- ministre de la Défense et ancien chef d’état-major des forces armées togolaises a pris part à une rencontre organisée par les rebelles ivoiriens dans leur fief à Bouaké, du 25 au 27 novembre 2006. Le quotidien Nord-Sud, proche de Guillaume Soro, avait d’ailleurs rapporté, dans sa publication des 2 et 3 décembre 2006, les propos du général Tidjani au sujet de cette rencontre. «Je ne suis pas venu au séminaire d’une rébellion. La rébellion est terminée depuis longtemps… Depuis 2005, j’ai quitté le gouvernement. Je n’ai plus de fonction ministérielle. Cela veut dire que je suis à la disposition du gouvernement de mon pays pour toutes les missions qu’il voudra me confier (…)». Ces révélations n’ont pas été bien accueillies par le pouvoir au Togo qui s’est senti dévoilé. Le 16 décembre 2006, la hiérarchie militaire togolaise inflige au «général-voyageur» deux mois d’arrêt de rigueur «pour avoir accordé une interview à un journal ivoirien». Après la mort d’Eyadema, le général Tidjani se trouve embarqué dans la guerre fratricide que se livre les enfants du défunt pour la succession du père. Il sera arrêté, le vendredi 200 juillet 2012 et détenu dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement (Anr) à Lomé. Le régime du nouveau chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, l’accuse d’être lié à l’affaire du coup d’Etat présumé du 13 avril 2009. Dans laquelle est cité le frère de Faure, Kpatcha Gnassingbé. Le général Assani Tidjani a été condamné, en septembre 2011, à 20 ans de réclusion criminelle dans l’affaire de tentative de coup d’Etat dite affaire Kpatcha Gnassingbé. Malade, il avait été autorisé par les autorités togolaises à se faire soigner en France où il est décédé, vendredi dernier. La dépouille mortelle du général Tidjani quittera, vendredi, la France, en direction de Lagos (Nigeria) où le défunt sera inhumé.
Didier Depry in Notre Voie
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