Ce qui vient de se passer encore à Duékoué dépasse l’entendement. Des civils regroupés dans un camp sous la protection de l’Onuci ont été massacrés. Le camp lui-même est parti en fumée. Comment cela a-t-il été possible ? Comment l’Onuci va-t-elle justifier cette autre forfaiture ? Les questions ne manquent pas. Et malheureusement avec elles, le désarroi des populations autochtones Wê de l’ouest ivoirien livrées à la mort depuis le déclenchement de la guerre ivoirienne en septembre 2002. Depuis le début de la crise, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la complicité des casques bleus dans les massacres perpétrés en Côte d’Ivoire. Dans les tueries de Guitrozon et petit Duékoué, et plusieurs mois après à l’occasion des crimes de masse commis dans la même ville. Chaque fois, les forces onusiennes et leurs supplétifs français de la Force Licorne ont trouvé des pseudo-arguments pour justifier l’injustifiable. On attend de savoir ce qu’elles vont raconter cette fois. Parce que si l’Onuci qui dispose, dans l’ouest ivoirien, d’une pléthore de camps, ne peut pas assurer la sécurité des populations civiles regroupées dans un camp de réfugiés, qu’est-ce qui peut justifier sa présence en Côte d’Ivoire ? Il ne se passe pas de jour sans qu’on ne nous rabatte les oreilles avec le prétendu rôle salvateur joué par les forces étrangères présentes sur le sol national. Mais tout le monde se rend bien compte que ces forces étrangères, si elles sont bel et bien Côte d’Ivoire, y sont pour tout, sauf pour la sécurité et le bien-être des populations. Comme hier au Rwanda où les forces françaises et onusiennes n’ont pu empêcher le génocide, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, l’Onuci sous nos yeux est en train de se rendre complice du génocide Wê. Le moment est venu pour que les organisations des droits de l’homme du monde entier regardent la vérité en face. Les populations sans défense sont tuées quotidiennement. Il ne faut pas attendre l’extermination d’un peuple pour venir verser des larmes de crocodile. Parce que l’histoire retiendra cette non-assistance à peuple en danger comme une participation active à la commission des crimes qui ont cours dans l’ouest ivoirien. Il faut arrêter l’hémorragie pendant qu’il est encore temps. Selon l’AFP, dans un communiqué publié par leur ambassade à Abidjan, les Etats-Unis ont condamné "fermement" ces violences et demandé "instamment" au gouvernement ivoirien et à l’Onuci de "prendre les mesures immédiates pour assurer la protection des civils dans la région".
Ils ont réclamé "l’ouverture immédiate d’une enquête" et que les responsables des violences soient "obligés de rendre compte".
Guillaume T. Gbato in NOTRE VOIE
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