" Tout a commencé à cause d’un détenu de droit commun qui s’appelle Yacou (Elle ignore son nom à l’état civil – ndlr), un chef de gang qui a été condamné à 20 ans de prison pour une affaire de braquage.
Yacou est le chef du bâtiment C. Il y a deux semaines, il a favorisé l’évasion d’un détenu, membre de son gang. Il commençait à devenir dangereux pour l’administration pénitentiaire. Donc, hier (mardi- ndlr) aux environs de 20 heures, ils ont décidé de le transférer à la prison de Dimbokro. Lorsqu’ils sont venus le chercher, ils ont trouvé un mur de personnes. Les éléments de Yacou qui ont fait barrage ont grièvement blessé certains gardes pénitentiaires. Ces derniers ont pris peur. Ils ont fui et se sont retirés à l’ extérieur de la cour.
Les détenus du bâtiment C ont alors cassé toutes les cellules des différentes prisons. Ils ont cassé les cellules des bâtiments A, B et C et aussi les cellules des femmes.
Les gardes pénitentiaires ont fait appel à des renforts. Ils se sont mis à tirer sur tout le monde. Les tirs ont occasionné la mort de Akéssé Agnéro Cyrille et Koffi N’dri Boniface, deux détenus politiques qui ont reçu des balles perdues alors qu’ils étaient dans leurs cellules.
Les prisonniers rebelles ont tenté de casser les portes du bâtiment des Assimilés pour avoir accès aux autorités qui y sont emprisonnées. Ils n’ont pas réussi mais ils ont quand même pillé le rez-de-chaussée du bâtiment.
Aux environs de 23 heures, le calme était revenu quand vers 5 heures du matin, des gaz lacrymogènes ont été lancés devant chaque cellule par les gardes pénitentiaires. Des personnes sont donc mortes par étouffement. On parle de 56 à 57 personnes décédées. Actuellement des négociations sont engagées pour que le calme revienne."
Recueillis par Pamela Opely