-Q: Vous êtes parti en exil sous le régime de Laurent Gbagbo dont vous étiez un des conseillers…Que s’est-il vraiment passé pour que vous claquiez la porte et que vous vous retrouviez en exil ?
-R : Oh, écoutez, est-ce que cela vaut la peine de revenir sur le passé ? Je réponds non. Toutefois, je résume que ma vie était menacée après mon départ du palais. Une âme généreuse m’a alerté et je suis sorti du pays. Je ne vous dirai pas comment (rires). Pour préserver ma vie, j’ai donc quitté la Côte d’Ivoire. Alors que j’étais, déjà, dans un pays frontalier, j’ai appris que ma résidence a reçu des visiteurs peu ordinaires. Des soldats de la garde présidentielle, armes aux poings, ont tenté, en vain, d’escalader la clôture de ma demeure. L’un d’entre eux, s’est, même fracturé la jambe, m’a-t-on indiqué. Bon, j’en rigole aujourd’hui.
-Q : Avec du recul, pensez-vous que l’ancien régime, vos amis vous en voulaient-ils tant pour attenter à votre vie?
-R : Franchement, je souhaite ne pas revenir sur cet épisode. On ne tire pas sur une ambulance, dit-on. Alors ce qui est passé relève, désormais, des souvenirs.
-Q : On ne peut tout de même pas passer sous silence le fait qu’un conseiller du président de la république claque la porte et se retrouve en exil ?
-R : Qu’est ce que cela apporte comme solution dans le processus de réconciliation amorcé par le nouveau régime ? Pour moi, rien. Cependant, je voudrais relever que je n’ai pas claqué la porte. J’ai été plutôt démis avec une lettre de licenciement à l’appui.
-Q : Vos sorties dans la presse, tirant à boulets rouges sur votre propre régime, y sont-elles pour quelque chose ?
-R : Peut-être oui, peut-être non… Des amis au FPI m’ont simplement dit, plus tard, que j’ai eu tort d’avoir raison tôt. Je laisse donc le soin à chacun d’analyser ces propos. Moi, je suis en harmonie avec mes convictions. C’est pourquoi, j’ai toujours assumé ce que je dis et je fais. Quoique cela me coûte. Pour paraphraser Laurent (ndlr : Gbagbo, ex- chef de l’Etat ivoirien), quand un homme n’est pas d’accord, il dit non.
-Q : De votre exil, que vous ont inspiré, justement, la chute de Laurent Gbagbo et sa détention à la Haye ?
-R : Des regrets… pour l’homme.
-Q : Le régime qui vous a contraint à l’exil n’est plus aux affaires depuis deux ans. Qu’attendez-vous pour regagner le pays ?
-R : Rassurez-vous, je n’ai aucun problème avec le nouveau pouvoir au sein duquel je compte des amis et frères. Eux aussi, me réclament, pour prendre ma place dans la reconstruction du pays. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour leur témoigner ma gratitude pour le soutien moral qu’ils m’ont apporté depuis 2005. Je me prépare à retourner au pays dans les mois à venir.
APA
Thu, 20 Jun 2013 01:29:00 +0200
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