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Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Malgré l’embargo sur les armes: La France continue d’armer les Frci

Tous les démocrates Ivoiriens et du monde qui ont applaudi la défaite à l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy doivent-ils aujourd’hui déchanter ? « Le chien ne change pas sa façon de s’asseoir », dixit un adage populaire ivoirien. En d’autres termes, la France continue de fournir des armes de guerre aux Forces armées pro-Ouattara malgré la résolution 1572 du 15 novembre 2004 du Conseil de sécurité de l’Onu instaurant l’embargo des armes sur la Côte d’Ivoire. En effet, une note d’information officielle de l’Etat major des Armées (Ema) françaises, encore disponible sur le site du ministère français de la Défense, indique clairement qu’une trentaine de militaires français de la compagnie de commandement et de logistique interarmées de la force Licorne ont participé au convoyage de missiles sol-air entre Abidjan et Bouaké en appui des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). L’opération de convoyage des armes de guerre pour le compte des forces armées pro-Ouattara a eu lieu du 6 au 8 juin 2012, précise la note du ministère français de la Défense. Elle explique avec force détails toute l’attention qui a précédé cette mission de transport d’armes lourdes vers Bouaké, l’ancien fief de l’ex-rébellion armée pro-Ouattara. « Afin de préparer au mieux cette mission, les sapeurs de la force Licorne ont procédé à l’expertise des caisses et des munitions avant que la section ravitaillement ne les charge sur trois véhicules de transport logistique à remorque (VTLR). Enfin, les véhicules ont été préparés pour un transport long de 400 kilomètres entre l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan et une base aérienne ivoirienne située à Bouaké, à près de 9 heures de route », peut-on lire sur cette note officielle. Qui indique aussi que pendant le transport, le convoi a été escorté par une équipe de la prévôté de la force Licorne, et par un groupe de militaires motocyclistes ivoiriens et un pick-up des Frci pour faciliter la circulation sur les routes ivoiriennes et l’accès dans les villes de Yamoussoukro et de Bouaké. Des témoignages ont aussi signalé un dispositif semblable de transport d’armes lourdes, le dimanche 12 août dernier, à Abidjan. Des militaires français de la force Licorne auraient aperçus sur le Pont Félix Houphouët-Boigny, convoyant deux camions gros porteurs chargés de caisses de transport de missiles. Selon nos sources, ils étaient précédés d’éléments Frci à moto qui leur facilitaient la circulation pendant qu’une unité Frci assurait l’arrière-garde avec environ une dizaine d’hommes. Tout ce monde, selon nos sources, était en partance pour le 43ème Bataillon d’infanterie marine (Bima) de Port-Bouët. A quelques encablures de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny. Ces sources expliquent qu’il s’agissait en fait d’une ènième livraison d’armes lourdes à Bouaké qui venait ainsi de s’achever dans les mêmes conditions que celle de juin. Le convoi serait juste revenu à la base française du 43ème Bima pour prendre un autre ravitaillement. Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs de l’actualité ivoirienne qui se demandent ce que trame encore la France après la crise postélectorale où ses troupes ont été fortement impliquées aux côtés d’Alassane Dramane Ouattara. Pour ceux-là surtout, si la France qui est partie au Conseil de sécurité des Nations unies, aide les Frci à violer l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire qu’elle a, elle-même, contribué à imposer au régime Gbagbo, il suffit de regarder les derniers développements de la « coopération » ivoiro-française. Le récent stage de formation générale, théorique et pratique, que la France a organisé durant deux semaines au profit 22 chefs de section des Frci sur le site du détachement d’intervention lagunaire (Dil) de Port-Bouët, devrait situer tout le monde sur les intentions de l’ancienne puissance coloniale. Pour ces sources, c’est parce que la France est dans une logique de guerre qui explique que du 23 juillet au 3 août 2012, elle a formé les anciens chefs de guerre de la rébellion armée. « Le 2 août 2012, un exercice sur le terrain a été organisé afin d’évaluer les savoir-faire spécifiques acquis par les stagiaires. Leur mission consistait à conduire une infiltration, à détruire un relai de transmission ennemi, puis à s’exfiltrer par voie nautique. Après une marche de 20 kilomètres aux abords de la lagune Ebrié avec des traversées de mangroves et des mises en situation d’évacuation de blessés, les stagiaires ont regagné le Dil en pirogue pour participer à un debriefing », précise une autre note officielle d’information de l’Etat major des Armées disponible sur le site officiel du ministère français de la Défense.
ciurbaine@yahoo.fr – source:NOTRE VOIE

Robert Krassault in Notre Voie

ciurbaine@yahoo.fr

Sat, 18 Aug 2012 03:38:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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