« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Mali. La Cédéao endosse enfin le coup d’Etat contre ATT

En signant un accord avec les putschistes maliens pour installer le président de l’Assemblée nationale dans le fauteuil présidentiel, la Cédéao signe ainsi l’arrêt de mort de ATT, qui est bien vivant.

On les voyait venir. Ils sont enfin passés à l’acte. Eux, se sont les chefs d’Etat de la Cédéao, qui avaient du mal à cacher leur alignement sur la position de la France affichée aux premières heures du putsch : «ordre constitutionnel d’accord, mais ATT dehors». Ils ont fini par tomber le masque en signant un accord cadre avec les putschistes conduits par Amadou Haya Sanogo, prévoyant l’adoubement par le conseil constitutionnel du président de l’Assemblée nationale malienne, et une amnistie générale pour les putschistes. Et pourtant la Cédéao avait voulu faire croire le contraire en laissant croire qu’elle demandait le retour de l’ancien président malien, à l’issue de sa réunion d’Abidjan, le 27 mars dernier.

Mais le Burkina Faso de Blaise Compaoré, expert en médiation, douchera les ardeurs des démocrates qui espéraient un retour de l’ancien président malien. «Bien sûr, il sera question d’une transition, une transition conforme aux dispositions constitutionnelles (…) C’est a priori ce qui pourrait se passer : que le président de l’Assemblée qui est l’intérimaire constitutionnel puisse présider aux destinées du pays dans les modalités définies, arrêtées, acceptées par la classe politique et les responsables de la junte, afin qu’au plus tôt on puisse aboutir aux élections (…) Si c’est la formule qui peut permettre de sortir de crise, pourquoi pas? Et je pense que le Président Amadou Toumani Touré n’y verrait lui-même pas d’inconvénient, lui qui a toujours souhaité la paix, la stabilité et la démocratie », a affirmé le président burkinabé à l’issue de la rencontre.

Du déjà entendu depuis Paris. Et il ne pouvait en être autrement. Ainsi marchent les relations paternalistes de la Françafrique, qui ouvre l’ère des coups d’Etat «civilisés» en Afrique. La jurisprudence pourrait s’avérer destructrice pour l’Afrique en général.

Benjamin Silué in Le nouveau courrier

Sun, 08 Apr 2012 21:35:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.