Car on se rappelle qu’à l’occasion de la crise ivoirienne, il y a moins d’une année, la CEDEAO patina, tituba, et fit étalage de toutes ses failles et fissures. Pour l’heure, on a l’impression que tout le monde y chante à l’unisson : les rebelles touaregs, qui ont déferlé et conquis la majeure partie du territoire malien, autant que les putschistes, qui ont conquis un pouvoir qu’ils ont toutes les peines du monde à gérer, semblent avoir fait l’unanimité des Etats membres contre eux ; soit ; il reste à savoir qui, concrètement, enverra quoi pour renvoyer Sanogo et consorts à leur caserne et en même temps refouler les combattants du MNLA et affidés dans leurs dunes désertiques.
Car le succès d’une mission armée de la CEDEAO suppose un coup double : restaurer l’ordre constitutionnel, d’une part, et, d’autre part, étouffer les velléités sécessionnistes des hommes bleus qui, d’ailleurs, ont trouvé des alliés de circonstances en Ansar Dine et Aqmi, tous formant une sainte alliance aux motivations diverses : les uns étant pour la partition du territoire malien, les autres pour sa conversion en Etat islamique ; la nébuleuse filleule d’Al Qaïda, elle, ne veut ni plus ni moins qu’une zone « sécurisée » dans laquelle elle opère en toute tranquillité.
La CEDEAO a du pain sur la planche ; car Sanogo et ses hommes, même affaiblis par les différents embargos, montrent qu’ils entendent rester à la barre ; quant au conglomérat réunissant MNLA, Ansar Dine et Aqmi, on peut le dire, sans risque de se tromper de beaucoup, ils n’entendent pas se faire déloger de leurs positions, qu’ils estiment avoir chèrement acquises. Pareille expédition punitive peut s’avérer coûteuse en hommes, en finance ainsi qu’en logistique ; nul doute que les alliés occidentaux qui semblent avoir donné leur quitus pour la mener sauront en temps opportun délier les cordons de la bourse ; c’est en tout cas ce que souhaitent les pays membres de la CEDEAO, qui tiennent là une bonne occasion de résoudre à l’africaine un problème ouest-africain.
Par Jean Claude Kongo — L’Observateur Paalga
Fri, 06 Apr 2012 01:14:00 +0200
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