D’abord, le chef d’État-major des FRCI, le Général de corps d’armées Soumaïla Bakayoko a renforcé la sécurité aux frontières ouest et sud-est, notamment sur les lignes frontalières avec le Liberia et le Ghana. Ainsi, deux bataillons composés chacun de 500 à 800 éléments ont été déployés à l’Ouest, zone où les attaques ont été les plus meurtrières. Sept (07) casques bleus nigériens de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) ont été tués le 08 juin dernier, dans une embuscade non loin de Taï. Le Bataillon pour la sécurisation de l’Ouest (BSO), dirigé par le Commandant Losseni Fofana dit « Cobra », ancien « com’zone » de Man, couvre tout le long de la frontière ivoiro-libérienne, à savoir les régions de San Pedro (Taï et Grabo notamment), du Cavally (Taï, Bloléquin, Toulepleu, Guiglo) et du Tonkpi (Danané, Bin-Houyé, Zouan-Houyé). La deuxième unité, dénommée Bataillon du Mont Péko, est placé sous le commandement de Traoré Dramane, anciennement « com’zone » de Touba. Il devrait être déployé prioritairement dans la région du Guémon (Duékoué-Bangolo), en vue de sécuriser la réserve classée du Mont Péko et traquer ses occupants illégaux constitués de groupes armés sous les ordres d’un certain Amadé Ourémi, un chef de guerre ayant combattu aux côtés des FRCI durant la crise postélectorale. Du côté du Sud-Est, l’état-major a également renforcé son dispositif sécuritaire après l’attaque de Noé, survenue dans la nuit du 19 au 20 septembre dernier. Un surplus de 200 soldats a été envoyé de ce côté-ci de la frontière avec le Ghana, où des patrouilles régulières sont effectuées de jour comme de nuit dans la forêt dense aux abords du poste frontalier.
L’état-major ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là, pour assurer la sécurité des Ivoiriens, et protéger les institutions de la République contre toute agression. Les autorités militaires ont noué des contacts avec des experts israéliens dans le domaine des armements et de la sécurité. En effet, Israël est venu proposer sa coopération à l’Armée ivoirienne. Cela se traduit par un arsenal très dissuasif en matière de surveillance du territoire et des frontières, constitué entre autres de drones (aéronefs de guerre sans pilote), de caméras à infra-rouge et ultra-sophistiquées pour contrôler les mouvements transfrontaliers, que les experts israéliens comptent mettre à la disposition de l’État ivoirien afin de parer à toute menace de déstabilisation du pays. Le gouvernement est d’ailleurs à pied d’œuvre pour faire lever l’embargo sur les armes décrété par l’ONU depuis 2004, en vue d’acquérir ce matériel militaire de pointe. Mais en attendant cette échéance, l’ONUCI apporte son appui logistique aérien à travers ses Mi-24 et ses appareils de reconnaissance et de vérification, qui survolent régulièrement la frontière ouest surtout.
Restructuration dans l’Armée
Mais ce n’est pas tout. A son niveau, le président de la République Alassane Ouattara, également ministre de la Défense et chef suprême des Armées, entreprend depuis quelque temps une restructuration au sein de la chaîne de commandement des troupes. A cet effet, le chef de l’État a récemment nommé des préfets militaires dans certains départements jugés sensibles au Sud-Ouest, à l’Ouest et à l’Est du pays. Ainsi, à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 26 septembre, trois anciens chefs de guerre de la l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), ont été désignés à la tête de trois régions sensibles. Il s’agit de l’ex-com’zone d’Odienné, Ousmane Coulibaly alias Ben Laden, à San Pedro, Tuo Fozié (anciennement DG de la Police et de la Gendarmerie des ex-FN à Bouaké, puis commandant de l’Unité de lutte contre le racket à l’avènement de Ouattara au pouvoir), à Bondoukou, et de Koné Messamba, ex-patron des Forces para-militaires des ex-FN à Bouaké, nommé pour coordonner les actions civilo-militaires à Guiglo.
Le chef de l’État ne s’est pas limité à l’intérieur du pays. A Abidjan, le président Alassane Ouattara a également donné des instructions pour un mouvement des hommes au niveau des corps et des unités de l’Armée. Ainsi, apprend-on que Koné Zackaria, patron de la Police militaire, vient d’être muté au Bataillon d’artillerie sol-air (BASA) d’Akouédo pour y être le Commandant en second. Et que Koné Gaoussou dit Jah Gao, ex-com’zone de Boundiali et actuel locataire du Camp Commando d’Abobo où il dirige les opérations du Groupement tactique (GT) 9, qui couvre Abobo, Anyama et Agboville, a été affecté au 1er Bataillon des Commandos-parachutistes (BCP) d’Akouédo, en qualité de Commandant en second.
Ces deux hommes sont d’anciens chefs de guerre reconnus comme des combattants intrépides et aguerris, et le président Ouattara les place à des postes névralgiques au sein de l’Armée. Toutes ces mesures ont été prises en vue de dissuader les assaillants contre toutes velléités de nouvelles attaques. Les premiers résultats de ces nouvelles dispositions sécuritaires se font sentir déjà, avec l’accalmie relative qui règne depuis trois semaines dans le pays. On n’entend plus de bruits de bottes par-ci, par-là, et les rumeurs de déstabilisation du régime se sont amoindries à défaut de s’estomper. Gageons que ces mesures idoines vont décourager définitivement les assaillants, et accélérer le retour des investisseurs pour relancer la reconstruction et le développement de la Côte d’Ivoire.
ANASSE ANASSE in L’Inter
Fri, 09 Nov 2012 01:25:00 +0100
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