N.V. : Est-ce qu’ils vous ont posé aussi la question de leur jugement ?
S.M.O. : Leur jugement ? Nous ne sommes pas venus pour rentrer dans ces détails de justice. Ce que nous souhaitons, quand nous parlons de retour à la paix, il faut qu’effectivement, la procédure soit accélérée et que ces hauts cadres et ces hauts serviteurs de l’Etat qui vivent dans les conditions aussi difficiles puissent retrouver la liberté pour qu’ensemble, dans une synergie fraternelle, nous puissions sortir la Côte d’Ivoire de la crise. Nous avons, nous au Front populaire ivoirien, toujours identifié les grands dossiers du moment. Parce que nous estimons que les soucis du peuple de Côte d’Ivoire sont nos soucis. Nous avons posé le problème d’une amnistie générale pour que tous les prisonniers, tous ceux qui sont en exil, à qui on reproche d’avoir commis quelques actes que se soit, que tous ceux-là puissent rentrer dans la confiance et dans la sécurité pour qu’ensemble, on réfléchisse aux grands problèmes de notre pays. Qu’on nous comprenne bien, nous disons qu’il faut libérer tous les prisonniers politiques dans le cadre d’une amnistie générale.
N.V. : Vous croyez en l’amnistie ?
S.M.O. : Je ne peux pas ne pas y croire. Je suis optimiste de nature et je dis que c’est Dieu qui nous guide. Cela fait deux ans. Et on n’a pas eu l’occasion de rendre visite à Affi Nguessan et aux autres. Et aujourd’hui, la porte nous a été ouverte. J’en profite pour saluer les autorités. Parce que nous sommes à notre troisième jour de visite dans le Zanzan, partout où nous passons, ce sont des policiers qui nous accompagnent pour assurer notre sécurité. Ça veut dire que l’ordre est venu de là-haut. Je suis sûr que monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a mis la grande batterie. C’est ce que nous souhaitons. Donc s’il met la grande batterie, ça veut dire que derrière lui-même, c’est quelqu’un qui l’a regardé positivement. Il faut que ces gestes positifs, fraternels puissent continuer. Je le dis et je le répète, nous sommes des frères. Nous n’avons pas le droit de nous regarder en chiens de faïence, de nous haïr les uns les autres pour tirer la Côte d’Ivoire vers le bas. Au contraire, il faut qu’on soit ensemble pour tirer la Côte d’Ivoire vers le haut.
N.V. : C’est la première visite ?
S.M.O. : Oui c’est la toute première visite. Parce que jusque-là, les permis de communiquer nous ont été refusés. Je voudrais aussi en profiter pour saluer le ministre chargé des Libertés publiques et de la Justice qui a réagi avec promptitude et qui a donné des instructions au Procureur de la République pour que tout se passe bien.
N.V. : Vous sortez avec quel état d’esprit de cette visite ?
S.M.O. : Je suis optimiste. Je regarde l’avenir de mon pays avec beaucoup d’optimisme. Parce que je le dis, si aujourd’hui, nous en sommes à Bouna pour rendre visite à nos camarades, ça veut dire que la voie commence à s’ouvrir.
Propos recueillis par
Boga Sivori
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