« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Ministère de la Défense – ONUCI La fuite en avant qui cache le grand malaise

Après l’attaque perpétrée contre le camp de déplacés de Nahibly dans la ville de Duekoué, le vendredi dernier, personne ni le gouvernement, ni l’Onuci ne veut endosser la responsabilité.
Qui du contingent marocain de l’Onuci en poste à Duekoué et des autorités ivoiriennes avait en charge la sécurité des personnes déplacées du camp de Nahibly ? Une question qui sans doute n’avait jamais effleuré l’esprit des ivoiriens encore moins ceux des pensionnaires du camp. Mais qui a eu sa réponse le vendredi 20 juillet dernier, après l’attaque qui a fait une dizaine de morts et le saccage du site. Point n’est besoin d’une quelconque démonstration pour s’apercevoir que les populations guéré sont livrées à elles-mêmes, contrairement à ce que tente de faire croire le gouvernement. Il a donc fallu cette attaque pour que les écailles tombent des yeux des déplacés qui voyaient en la présence de l’Onuci un gage de sécurité. Que nenni ! C’est d’ailleurs cette impression qu’a donné le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire, Arnauld Akodjenou lors du briefing avec la presse juste après la survenue de cette attaque. «La responsabilité primaire du camp incombait aux autorités ivoiriennes», a-t-il précisé. Comme quoi, la présence de ce bataillon aux abords du camp n’était que factice. Une sortie qui n’a sans doute pas été du goût des tenants du pouvoir dont la réaction a été prompte. A travers le contre-communiqué produit par le ministère de la Défense a été pondu, le régime refuse que son partenaire de l’Onuci lui fasse porter un tel chapeau. «Le camp de Nahibly, voisin de la ville de Duekoué, était gardée depuis sa création par les casques bleus de l’Onuci», assène le ministère de la Défense. Vraiment honteux, le spectacle offert par les autorités ivoiriennes et l’Onuci après l’attaque de Nahibly. Aucun d’eux, si l’on s’en tient à leurs discours, ne veut assumer la responsabilité de la sécurité des déplacés du camp de Nahibly. Une attitude du régime Ouattara qui s’apparente à une véritable fuite en avant qui met au grand jour les méthodes moyenâgeuses de ses sécurocrates qui n’hésitent pas à bander les muscles contre d’innocentes personnes accusées à tort et à travers de fomenter des coups d’Etat. Faut-il comprendre par cet acte que le devoir régalien de l’Etat pour Ouattara n’est applicable qu’à une frange de la population ? Notamment celle acquise à sa cause ? Sinon comment comprendre qu’après une attaque d’une telle gravité, l’on a le courage de dire aux Ivoiriens que l’Etat n’a pas la responsabilité de la sécurisation de ce camp. Quelles bassesses ? Avec ces tueries de trop à Duékoué, les Ivoiriens ont des raisons de craindre pour leur sécurité, vu l’incapacité de l’Etat à assumer leur sécurité et à la complaisance des forces de l’Onuci.

Hermann Djéa in Le Nouveau Courrier

Tue, 24 Jul 2012 00:20:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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