D’où l’intérêt de se questionner sur la pertinence des réformes que le monde politique impose à la filière cacao, notamment sur la restructuration dont cette dernière a fait l’objet en novembre 2011 : la nationalisation du secteur a-t-elle réellement permis d’optimiser la production de cacao ivoirien et d’améliorer les conditions de vie des planteurs ? Ou bien la prise en main de la filière de l’or brun par l’Etat n’est-elle qu’une opération de sécurisation de son financement ?
Plus de 3,5 millions de citoyens ivoiriens vivent aujourd’hui grâce à la production de cacao. Tout choix politique restructurant une telle filière doit donc faire l’objet d’une réflexion consciencieuse et d’une réalisation rigoureuse. Si tel n’est pas le cas, une mauvaise gouvernance risque d’appauvrir les planteurs et de les priver de leurs libertés, confirmant ainsi le triste adage ivoirien: ‘’les hommes politiques, ici, sont plus dangereux que le sida.’’
Les objectifs annoncés du Conseil du Café-Cacao (CCC), fondé en 2012 pour opérer la nationalisation de la filière cacao en Côte d’Ivoire, semblent louables au premier abord : la restructuration est censée garantir un niveau de vie décent aux planteurs en leur assurant un prix d’achat du cacao à 750FCFA/kg (prix variable selon les saisons), et améliorer la qualité des fèves de cacao en imposant un cahier des charges plus strict. Pour atteindre ces objectifs, le CCC encadre directement la filière (c’est pourquoi l’on peut parler d’une nationalisation) : il assure la distribution des phytosanitaires aux planteurs, vérifie la qualité du cacao, supervise l’activité des coopératives, et commercialise ensuite le cacao.
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Wed, 20 Aug 2014 01:54:00 +0200
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