« Trop d’étrangers sur notre territoire »
Egalement accusé de vouloir rallier à sa cause les électeurs frontistes, Nicolas Sarkozy a ironisé. « Si Mme Le Pen dit qu’elle préfère le soleil à la pluie, je partage son opinion ! ». Il a pourtant annoncé vouloir diviser par deux le nombre d’immigrés en France et réduire l’accès des étrangers aux droits sociaux. « Il y a trop d’étrangers sur notre territoire. Notre système d’intégration fonctionne de plus en plus mal parce que nous ne pouvons plus leur trouver un logement un emploi, une école », a-t-il estimé. Assez irrité de sa défaite annoncée dans les derniers sondages, le président sortant a rappelé l’échec d’Edouard Balladur face à Jacques Chirac en 1995 et l’élimination du « pauvre M. Jospin » pourtant annoncé vainqueur en 2002. « La France est un peuple libre, frondeur, qui déteste qu’on lui dise ce qu’il doit faire », a-t-il scandé.
Un débat musclé avec Laurent Fabius
C’est en deuxième partie d’émission que le chef de l’Etat a du davantage sortir les griffes pour répondre aux accusations lancées par l’ancien Premier ministre Laurent Fabius. Alors que l’ancien Premier ministre dénonce les propos « désagréables voir violents » de Nicolas Sarkozy à l’égard de François Hollande, ce dernier lâche : « en 2001, vous avez dit : ‘Franchement, vous imaginez François Hollande président, on rêve !’ Vous trouvez que c’est aimable ? ». Mal à l’aise, Laurent Fabius admet que « ce n’était pas [son] candidat ». Mais il renchérit et lance une formule bien préparée : « votre bilan, c’est votre boulet ». « Pourquoi voudriez-vous que ce qui n’a pas marché avec vous pendant cinq ans, tout d’un coup se mette à fonctionner ? ». Sourire nerveux, Nicolas Sarkozy regrette à son tour « des jugements aussi cruels et brutaux ».
Une émission de justification
Ce matin, François Hollande est revenu, au micro d’Europe 1, sur le mea culpa de Nicolas Sarkozy et le Fouquet’s. « Je respecte la vie privée, y compris celle du président de la République. Mais je ne pense pas qu’il ait besoin de l’exhiber », a lancé le candidat PS à la présidentielle. « A un moment, les Français veulent qu’on parle d’eux et pas simplement de celui qui prétend être leur prochain président », a poursuivi François Hollande et d’insister : « Je ne sais pas si [Nicolas Sarkozy] a reconnu ses fautes, il nous a en tout cas expliqué ce qu’était à ce moment-là sa situation personnelle. Ça fait partie de ce qu’est le ressort d’une personnalité, l’explication d’un moment, mais je ne suis pas sûr que ça fasse partie d’une campagne présidentielle ». Pour Hollande, la prestation de Sarkozy sur l’émission « Des paroles et des actes » n’a été « qu’une émission de justification ». Il s’est enfin énervé sur l’argument de l’expérience lancé par le chef de l’Etat. « L’argument de ‘je suis président, donc je dois le rester’ n’a aucun sens dans une démocratie, car dans une démocratie, tout se rejoue au terme d’un mandat » s’est agacé le candidat socialiste. Et d’ajouter : « c’est un curieux argument qu’il emploi. En gros, pour être président il faudrait déjà l’avoir été ».
elle.fr
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