En nommant Koné Messemba, un chef de guerre, comme préfet de Guiglo, Alassane Dramane Ouattara officialise les massacres de l’ouest. Car il est de notoriété publique (les rapports des Ong et des organisations des Droits de l’homme sont formels) que ce sont les rebelles devenus Frci et les dozos qui ont perpétré les massacres de Duékoué ayant fait près de 1000 morts en mars 2011. Sans compter les récentes tueries du camp des déplacés de Nahibly et bien d’autres localités. C’est donc au regard de ces tueries massives que les ex-chefs rebelles sont dans le collimateur de la Cour pénale internationale (Cpi). En nommant Koné Messemba à Guiglo, M. Ouattara légalise également l’expropriation des terres des autochtones Wê et l’exploitation illicite de toutes les forêts classées et de toutes les autres ressources naturelles de l’ouest. Car, sous le prétexte de sécuriser la région de Tai suite à une attaque qui a causé la mort de 7 casques bleus, il y a quelques mois, Alassane Dramane Ouattara avait déversé ses combattants dans les villages où ils sont allés tout piller. Ils ont rançonné les pauvres populations qu’ils ont accusées de complicité avec ceux qui ont perpétré cette incursion armée. Le cas du chef de guerre Frci, Amandé Ouérémi, qui continue de régner en maître absolu dans le Mont Péko, département de Bangolo, l’illustre parfaitement. Que n’a-t-on pas entendu à son sujet ? Onn a vu le général Soumaïla Bakayoko, le chef d’état-major des Frci, affirmer récemment qu’il irait déloger ce chef de guerre. La suite, on la connait. A ce jour, personne n’a osé mettre les pieds dans cette zone où Amadé Ouérémi et ses hommes continuent de sévir et d’exploiter impunément les ressources naturelles notamment la forêt classée. Le gouvernement Ouattara n’a donc pas tenu parole. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? Quand on sait que c’est le pouvoir Ouattara même qui a installé le chef de guerre Amandé Ouérémi. Qui est connu dans la région de Duékoué et de Bangolo par les autorités administratives et politiques actuelles. En nommant Koné Messamba comme préfet de région, Alassane Ouattara donne donc au chef de guerre, Amédé Ouérémi, un soutien de taille pour mener à bien ses activités illicites. Idem pour les nombreux mercenaires burkinabés qui sont déversés, chaque semaine, dans les régions de Bloléquin, Toulepleu, Bangolo et qui vont considérer, à juste titre, le nouveau préfet comme leur ami ou leur frère d’armes. Enfin, en nommant un chef de guerre comme préfet dans leur région, Ouattara ne fait que narguer les populations autochtones Wê. Puisqu’en dépit du génocide qu’elles ont connu et du lourd tribut qu’elles continuent de payer pour cette guerre, les populations Wê devront désormais se soumettre aux ordres de leurs bourreaux.
Vincent Deh in NOTRE VOIE