Duncan, un complice de longue date de Ouattara
C’est à juste titre que Bédié l’a proposé, en mars dernier, au poste de Premier ministre dans le cadre de l’alliance entre le Rdr d’Alassane Ouattara et le Pdci au sein du Rhdp. Selon des sources informées, depuis cette date jusqu’à son limogeage récent, Alassane Ouattara n’a jamais réellement accepté Ahoussou. Les raisons sont plus politiques que techniques. « L’argument de la supposée incompétence d’Ahoussou que brandit Ouattara est fallacieux. Soro n’est pas plus compétent qu’Ahoussou mais Ouattara en avait fait son Premier ministre dès sa prise du pouvoir. Quel signal voulait-il donner à l’extérieur ? Les raisons sont ailleurs », soutient une source proche du Rhdp. Avant de préciser qu’Alassane Ouattara n’a jamais voulu céder la Primature à Bédié. Après avoir refusé le nom de Gnamien N’Goran que Bédié lui avait proposé, Ouattara aurait déclenché une crise prématurée avec Bédié en refusant celui d’Ahoussou-Kouadio, un autre proche du président du Pdci. Ouattara a donc pris son mal en patience et donc attendu qu’une occasion se présente pour arracher la Primature à Bédié. En nommant celui qui a toujours été son choix : Daniel Kablan Duncan. Son complice et collaborateur de longue date. Duncan et Ouattara se connaissent depuis la Bceao. Nommé Premier ministre par Houphouët, Alassane Ouattara a fait de Kablan Duncan, son ministre délégué à l’Economie et aux Finances. La politique macroéconomique de la Côte d’Ivoire en crise (1990-1993) ponctuée d’ajustement structurel voulu par le Fmi et la Banque mondiale ainsi que la privation sauvage, tout a été piloté par Ouattara et Duncan. Parvenu au pouvoir en 1993 suite à la mort d’Houphouët, Bédié qui ne pouvait pas reconduire Ouattara comme Premier ministre (celui-ci ne l’aurait jamais accepté à cause de la guerre entre eux) a choisi, sur conseils des Institutions de Bretton Woods, Kablan Duncan. Toujours selon des sources, alors Premier ministre de Bédié, Duncan désapprouvait, en privé, la guerre du régime Bédié contre Ouattara ponctuée notamment par le mandat d’arrêt international lancé contre le président du Rdr contraint à l’exil en France. « Ouattara n’ignore pas que c’est Ahoussou qui a rédigé ce mandat d’arrêt », soutient un proche du dossier. Le clash entre Bédié et Duncan survient en décembre 1999 après le coup d’Etat. Le Premier ministre n’aurait pas apprécié que son patron l’ait abandonné entre les mains des putschistes de Robert Guéi pour s’en aller, avec sa famille, en France sous la protection de l’armée française. Duncan n’aurait eu la vie sauve que grâce à ses bonnes relations avec Ouattara qui, nul ne l’ignore, était le mentor des putschistes. En vérité, Jeannot Ahoussou-Kouadio paie pour la rancune qu’Alassane Ouattara lui voue depuis longtemps. En nommant un de ses proches, Daniel Kablan Duncan à la Primature, Alassane Ouattara écarte définitivement le clan Bédié et reprend le contrôle d’un poste stratégique pour son régime. Militant « occasionnel » du Pdci, soutiennent certaines sources, malgré son statut de délégué départemental du Pdci de Grand-Bassam, M. Duncan à la Primature, c’est plus un acquis pour M. Ouattara que pour le parti dirigé par Bédié.
Didier Depry in Notre Voie
didierdepri@yahoo.fr
Fri, 23 Nov 2012 21:48:00 +0100
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