Plateau, quartier d’affaires de la capitale économique de la Côte d’ivoire. Des mouvements de grue sont visibles sur le chantier du mémorial Félix Houphouët-Boigny confié à l’époque à l’Architecte Pierre Fakoury, à travers son entreprise Pierre Fakoury Operator (Pfo) A-t-il toujours ce chantier ? Nous n’en savons rien. Mis en berne, à la limite de l’abandon par l’actuel tenant du pouvoir d’Etat à Abidjan, le travail de la réalisation de ce gros oeuvre a repris. La clôture érigée ne permet pas de se rendre compte de l’intensité des travaux. Toutefois, les mouvements de va-et-vient des grues situent plus sur ce qui se passe dans l’enceinte de l’enclos. A l’instar du «mémorial Fhb» ce sont autant de chantiers qui ont vu le jour à la faveur du mandat de Laurent Gbagbo qui connaissent un début de commencement à la surprise générale des Ivoiriens. Car que n’a-t-on pas dit sur ces chantiers et notamment de la gestion de l’ancien régime. A peine accédé au pouvoir en avril 2011, Alassane Ouattara s’est aussitôt attaqué aux œuvres d’envergures pensés sous Laurent Gbagbo. Et qui bien que réalisés ou ayant connu un début de réalisation, le pouvoir Ouattara a trouvé quelque chose à redire. Sa philosophie est sans ambages : le tout sauf ce qui sent Gbagbo. Les monuments, objets d’arts et d’attraits touristiques seront les premières victimes. Que de monuments détruits, à Abidjan, pour conforter leur thèse. Mais plus d’un an après, Alassane Ouattara fait face à la réalité. Implacable et intangible, le pouvoir d’Abidjan décide enfin de reconnaître à son pire ennemi, ses valeurs inestimables, ses expertises qui ont donné du souffle nouveau aux Ivoiriens, malgré la persistance de la crise, née de la rébellion. En témoignent les travaux du prolongement de l’autoroute du nord. Confiés à l’entreprise Soroubat, cette infrastructure routière en voie d’achèvement très avancée a déjà atteint Yamoussoukro. Dans le domaine de la santé, il convient de préciser la réalisation de l’Hôpital Militaire où l’Hôpital d’Angré. Construit sur «le fonds déchets toxiques», cet hôpital offre toutes les commodités qui pourraient faire de lui, le quatrième Centre Hospitalier universitaire d’Abidjan. Car disposant d’amphithéâtres, de salle de Td et de Laboratoires ultramodernes. Désormais, le chantier est estampillé «Programme présidentielle d’urgence (Ppu). Là où sous Gbagbo, on pouvait lire «Cellule Présidentielle de lutte contre les catastrophes et les endémies». Des tractations menées au sommet de l’Etat, à l’effet de mettre fin de façon illégale aux travaux sont restées sans suite. Parce que les expertises d’alors qui ont mené les études de faisabilité sont sans reproche.
Dans l’impossibilité de nuire à la volonté experte d’un homme d’Etat aguerri, Alassane Ouattara et son équipe viennent à leur corps défendant, de réhabiliter M. Gbagbo. Le Programme présidentiel d’urgence (Ppu) a fait siens certains chantiers lancés sous Laurent Gbagbo. Depuis lors, les travaux ont repris. Ceux concernant le prolongement de l’autoroute du Nord, le pont à péage de la même autoroute, ainsi que bientôt ceux de la réalisation de l’échangeur de la Riviera s’activent à grands coups. Tout porte à croire que la pression qui fuse de part et d’autre rappelle à Ouattara sur ce que les Ivoiriens attendent de lui. Au lieu et place de détruire les acquis nés de l’équipe alerte du président Laurent Gbagbo. Dans l’attente que les chantiers de la réalisation de la voie internationale reliant Abidjan, à partir de Bingerville, aux Etats de la sous région, du transfert effectif de la capitale politique à Yamoussoukro connaissent aussi une exécution.
Toussaint N’Gotta in Le Temps