Allassane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien en poste depuis le 11 avril 2011 après le renversement du président Gbagbo, a affirmé vendredi, lors d’une interview accordée à la RTI, qu’il a créé 50 mille emplois depuis son arrivée aux affaires. Une seule et invariable question a traversé l’esprit des Ivoiriens après cette affirmation qui n’honore pas le gouvernement, encore moins son auteur. «Mais où sont ces emplois qu’il dit avoir créés ?» Comme s’est interrogé ce directeur des ressources humaines d’une importante société privée de la place, plusieurs autres concitoyens ont cherché à savoir si l’auteur des affirmations en question parle de ce qu’il aurait fait sur une autre planète ou de ce que tout le monde voit ici en Côte d’Ivoire. Pour la simple raison que les 50 mille emplois déclarés n’ont aucune trace sur le terrain du travail. Du coup, cela relève d’une grotesque fiction. Conscient certainement que sa déclaration n’a rien avoir avec la vérité, Ouattara se garde soigneusement de dire dans quel secteur d’activité, il a créé ses invisibles 50 mille emplois qui, s’ils existaient effectivement, ne devraient pas être invisibles. Car même un seul emploi créé, est toujours visible. Dans la mesure où le créateur de l’emploi et le bénéficiaire s’en enorgueillissent toujours bruyamment. Par contre, en 10 mois, correspondant au temps de Ouattara au pouvoir, 200 mille travailleurs du privé et du public ont été jetés à la rue. Tout le monde le sait. Les structures dont les employés ont perdu leurs emplois son bien connues. La présidence de la République, le Conseil économique et social, la Sotra, la RTI, l’Anader et le Port autonome d’Abidjan. La liste n’est pas exhaustive. De quoi parle au juste Alassane Ouattara ?
Veut-il parler des individus de son bord recrutés dans le cadre de sa politique de «rattrapage» ? Ou bien des balayeuses sans salaires, des ouvriers de la réfection des routes et des étudiants transformés en manœuvres ?
Même là encore, ces emplois précaires ne peuvent atteindre le chiffre mensonger et ridicule de 50 mille emplois avancés. Ouattara doit avoir le courage d’assumer les licenciements à la pelle enregistrés sous lui en un temps record, sous la dictée de ses soutiens extérieurs qui l’ont porté au pouvoir par effraction.
L’homme est contraint de se plier aujourd’hui à la volonté de ces derniers, sous peine d’être privé de la dette extérieure. C’est-à-dire que, Ouattara fléchit là où Gbagbo a tenu tête aux bailleurs de fonds, en misant sur les recettes nationales pour préserver les emplois.
Félix Teha Dessrait in Notre Voie
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