« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Ouattara à Sinématiali: « On m’appelle Magellan… »

Le chef de l’Etat n’a pas attendu la fin de ses enquêtes judiciaires pour désigner samedi à Sinématiali les auteurs de la l’assassinat du général Robert Guéi. L’ex-chef de l’Etat, on s’en souvient, avait été tué aux premières heures du coup d’Etat manqué contre le régime de Laurent Gbagbo en septembre 2002, qui s’est ensuite rapidement mué en rébellion armée.

L’ex-rébellion dont justement plusieurs membres occupent aujourd’hui de hauts postes de l’Etat, après avoir combattu pour le compte d’Alassane Ouattara lors de la crise postélectorale de 2010-2011, contre l’Armée régulière(FDS) restée fidèle à Gbagbo.
Samedi à Sinématiali où Alassane Ouattara a animé un meeting dans le cadre de sa visite d’Etat, dans le District des Savanes, les populations ont été entretenues sur plusieurs sujets brulants de la vie politique ivoirienne.
« Les escadrons de la mort étaient à la porte, au portail de l’Ambassade d’Allemagne. J’ai dit, ils ont tué Guéi, c’est maintenant notre tour. Nous étions au nombre de 15 dont Adama Tounkara… », a déclaré Alassane Ouattara devant une foule médusée. Sans aucune autre précision sur la nature et l’origine des escadrons de la mort en question.
Le chef de l’Etat avait affirmé en avril dernier dans le District du Tonkpi à l’Ouest, lors de sa visite d’Etat, que des enquêtes judiciaires étaient en cours pour mettre le grappin sur les auteurs de l’assassinat de Guéi.

Sur quoi donc le chef de l’Etat se base-t-il pour attribuer la mort de Guéi à une nébuleuse dont personne n’a jamais revendiqué la responsabilité ?
« Mon combat a divisé Sinématiali. Je leur demande de passer l’éponge sur les divergences. Je demande à Fologo et à Tiémoko Yadé de se réconcilier. Ce sont les deux grands cadres de la région », a indiqué M. Ouattara. C’est pour combler le retard pris que « je voyage, ce sont des démarches diplomatiques. On m’appelle Magellan mais Magellan est Content… », justifie et concède Alassane Ouattara.
S’agissant de l’étape de Boundiali, la seconde de la journée, Ouattara a promis que les problèmes socio-économiques égrenés par les populations deviendront sous peu un lointain souvenir.

Félix Téha Dessrait
dessrait@yahoo.fr
Envoyé spécial au Nord
In Notre Voie

Mon, 08 Jul 2013 04:22:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.