11 avril 2011-22 décembre 2012. Cela fait exactement 20 mois, 11 jours que les mercenaires burkinabè qui ont participé activement aux côtés de la rébellion armée, de l’Onuci et de l’armée française pour renverser Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir attendent toujours leur paie pour « mission accomplie ». Selon La Lettre du continent N° 649 du 19 décembre 2012, les mercenaires burkinabè ruminent leur colère et sont menaçants. Voici ce qu’écrit la publication confidentielle à ce propos : « les 42 soldats d’élite burkinabè recrutés par Guillaume Soro durant la crise postélectorale ivoirienne n’ont toujours pas vu l’ombre d’un franc Cfa. L’ex- Com’zone, Issiaka Ouattara dit Wattao, actuel commandant en second de la Garde républicaine à Abidjan, s’était engagé à leur verser environ 7 millions fcfa pour service rendu durant cette période. Cette prime aurait pourtant été payée par la partie ivoirienne. Le dossier est toujours suivi par le chef d’état-major de Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré, aidé par Boureima Badini, ancien représentant du Président burkinabé à Abidjan ».
Les mercenaires burkinabè recrutés par le chef de guerre, Koné Zakaria (actuel commandant de la police militaire du régime Ouattara), avec l’assistance, dit-on, de Boureima Badini, ont-ils perçu chacun les 7 millions fcfa que leur avait promis le régime Ouattara ? « Non », soutiennent certaines sources. « Oui », affirment d’autres. Un fait demeure certain, les mercenaires burkinabè, au nombre de 42, tous des soldats de l’armée du Faso, rescapés de la guerre contre Gbagbo au nom de Ouattara, crient leur colère. Parce qu’ils n’ont pas encore reçu les 5 millions de fcfa chacun que leur avait promis le chef de guerre, Koné Zakaria, au nom d’Alassane Ouattara et Guillaume Soro. C’était en pleine rébellion armée, avant le déclenchement de la guerre postélectorale contre le régime du Président Gbagbo. « Nous avons accepté d’aller au front parce que le marché était conclu et que Zakaria Koné nous avait donné la ferme assurance que les sommes promises seraient réglées. Nous les avons aidés à déloger Gbagbo et à s’installer au pouvoir. Mais nous avons été très surpris de constater, après la prise du pouvoir, que les promesses ont été jetées aux oubliettes». Ces propos sont d’un mercenaire burkinabé qui s’est confié au bimensuel burkinabé, Le reporter, dans son édition n° 93 du 1er au 14 mai 2012. Le Reporter souligne que M. Abdou Touré, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Burkina Faso, saisi de l’affaire, avait demandé aux mercenaires burkinabè de s’adresser directement au ministre ivoirien chargé des ex-combattants.
Face à la colère de plus en plus grandissante des mercenaires burkinabé, le régime Ouattara en symbiose avec le « tuteur » Blaise Compaoré a demandé, a-ton appris, la médiation du « recruteur » Boureima Badini. Une médiation qui visiblement n’a pas apaisé les esprits. Puisque les mercenaires continuent d’avoir la boule envers Ouattara et Soro.
Didier Depry in Notre Voie