Établi dans cette forêt, avec ses combattants armés jusqu’aux dents, Amadé Ouérémi était propriétaire de plusieurs centaines d’hectares de plantation de cacao. Une véritable source de richesse colossale dans cet espace protégé, dont lui et ses hommes jouissaient impunément. Il interdisait donc l’accès de cette zone à toutes les personnes qui n’avaient pas son onction avant d’y entrer.
Des agents des Eaux et forêts en mission d’inspection et d’évaluation dans ce massif forestier, en ont fait les frais. Selon le témoignage d’un de ces agents dont nous taisons le nom, ils ont été surpris par Amadé et ses combattants, qui les ont encerclés, avant de les sommer de quitter » sa forêt ». Un acte que l’on pourrait considérer comme une défiance à l’Etat, vu que ce sont ses émissaires qui ont été éconduits par le chef de guerre.
Au cours de sa dernière visite d’État à l’Ouest, le président Alassane Ouattara a lui-même été obligé, sur conseil de ses agents de sécurité, de surseoir à une visite programmée sur son agenda et qui devait le conduire vers le Mont Klahoyo, dans l’antre d’Amadé Ouérémi. Un revers de trop, pense t-on, ajouté aux faux rendez-vous donnés aux émissaires du gouvernement, commis pour négocier, et obtenir de lui qu’il quitte la forêt classée avec ses hommes.
Le second péché, c’est le rôle déterminant que le chef de guerre et ses combattants ont joué aux côtés des FRCI dans les combats contre les forces pro-Gbagbo à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Faut-il le rappeler, les forces pro-Ouattara dans leur progression vers la capitale économique Abidjan en fin mars 2011, pour arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo, ont été confrontées à une farouche résistance des pro-Gbagbo dans la région du Guemon.
Au cours de cette bataille de l’Ouest, Amadé et ses hommes vont s’illustrer comme des appuis sûrs au commandant Loss (Losseni Fofana) des FRCI, face aux militaires et miliciens fidèles à l’ancien régime. Le décompte macabre donne environ 1000 morts, avec une mention spéciale faite aux massacres de populations civiles, perpétrés au quartier Carrefour de Duekoué.
Dans un rapport de l’ONU publié en mai 2011, Amadé et ses soldats sont épinglés comme les auteurs de ces tueries. Ils deviennent dès lors, les cibles à abattre des organismes de défense de droits de l’Homme. Les rapports se suivront (Human Rights Watch, Amnesty International, Commission nationale des droits de Homme en Côte d’Ivoire (CNDHCI), et pointeront, unanimement, un doigt accusateur sur le chef de guerre du Mont Péko, comme auteur de violations graves de droits de l’Homme. Toute chose qui complique davantage sa situation.
Wed, 22 May 2013 09:51:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.