« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Ouragahio – Un dozo abat une femme enceinte de 8 mois Des jeunes en colère attaquent leur camp

Le jour des faits, à savoir le samedi 19 mai 2012, peu après 17 h, dame Konaté qui s’activait à faire la cuisine a été fauchée mortellement par plusieurs balles tirées par un chasseur traditionnel dozo d’une cours, non loin de sa concession. En ce moment précis, une altercation est survenue entre un groupe de dozos et Yssouf Dramane, jeune cultivateur accusé par une dame d’avoir renversé son enfant avec son vélo. Très en rogne, elle sollicite l’aide des dozos qui tentent en vain de maîtriser le jeune cultivateur et lui faire payer sa mauvaise maîtrise de son engin à deux roues.

Devant la résistance du jeune qui avait réussi à neutraliser quatre des chasseurs traditionnels, l’un d’entre eux qui a réussi à se soustraire de l’emprise de Dramane se saisit de son arme de type calibre 12 et ouvre le feu. Si Yssouf Dramane est épargné, ce n’est malheureusement pas le cas de dame Konaté qui est atteinte à quelques mètres plus loin. Elle a reçu plusieurs balles à l’abdomen.

Après avoir saigné abondamment, elle décède de ses blessures sans obtenir des soins appropriés. Aussitôt informés du drame, plusieurs jeunes issus du quartier ‘’Dioulabougou’’ ainsi que les parents et connaissances de la défunte munis de gourdins, d’armes à feu, prennent d’assaut la base des dozos. Devant cette marée humaine en colère et prête à tout, les dozos abandonnent précipitamment leur camp pour se réfugier en brousse. N’empêche, des jeunes qui tiennent coûte que coûte à venger la défunte organisent une véritable chasse à l’homme. Les dozos plus rapides et connaissant certainement les secrets de la brousse se fondent dans la nature. Les jeunes en colère saccagent leur camp. C’est dans la douleur, la tristesse et des pleurs des proches que dame Konaté est inhumée le dimanche 20 mai 2012 sous une haute surveillance des Forces de l’ordre qui ont été alertées. Jusqu’aujourd’hui 22 mai, certains jeunes effectuaient des descentes inopinées dans ce qui reste du camp des dozos, dans l’espoir de mettre le grappin sur des membres de ladite confrérie. L’atmosphère reste donc tendue dans la localité.

Douayéré Trazié

Correspondant Régional in Soir info

Tue, 22 May 2012 01:11:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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