Le pays baoulé n’a pas failli à la tradition. «Paquinou» a été célébrée avec ferveur dans les villages. Les filles et fils de la diaspora baoulé, après avoir vécu plusieurs mois de crise marqués par des exactions de dozos et de la saga des Frci, se sont donné rendez-vous dans leurs villages respectifs. Pour non seulement rendre grâce à Dieu, mais aussi implorer les mannes et réfléchir à des perspectives pour le développement socio-économique de leurs régions. Cela, autour des bouteilles de vin, de bière, de bandji et autres activités socio-culturelles telles que les championnats d’awalé, concours culinaire, rencontres sportives, opération coup de balai, danses traditionnelles etc.
Pour cette édition de 2012, l’on a constaté la grande absence d’une haute personnalité à ce rendez-vous. Il s’agit du Président Laurent Gbagbo. En effet, pendant qu’il était au pouvoir, celui-ci a apporté un cachet particulier à cette fête en pays baoulé. Pour montrer que la Côte d’Ivoire demeure une et indivisible, il n’hésitait pas à se rendre dans les contrées baoulé pour communier avec ses concitoyens de ce peuple. Ainsi donc, depuis 2002, Gbagbo n’a jamais manqué à une seule fête de «Paquinou». On se rappelle encore ses visites à Yakpabo-Sakassou dans le département de Tiébissou, Bocanda, Béoumi, Sakassou et autres. Avec à la clé, la construction de nombreuses infrastructures socio-économiques suivie de dons d’ambulances, de réhabilitation de voirie, de construction de centre de santé, d’électrification de villages, d’adduction d’eau potable et autres.
Sous le pouvoir Ouattara, «Paquinou» est apparu comme un non évènement. Aucun village ni région n’a reçu la visite du nouvel homme fort du pays. Celui-ci est plutôt resté à Abidjan pour célébrer la fête dans la grande bourgeoisie. C’est peut-être conscient de cette différence entre Gbagbo et Ouattara que le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bedié, pour combler ce vide, s’est rendu la veille de la fête, à Tiébissou pour «prendre un pot» avec les siens. Mais Gbagbo avait prévenu : il ne faut pas laisser l’original pour la photocopie.
Ouattara Abdul-Mohamed in Notre Voie