« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

« Par désespoir, elle a décidé de se suicider »

J’ai entendu et lu beaucoup de mensonge et découvert avec beaucoup de dégoût une vaste entreprise de diabolisation de Ouattara Madjara alias Oxy Chocolat D Oxana, la jeune femme qui a tenté de s’immoler devant le Palais de la Présidence, au Plateau. Mon amertume tient au fait que les injures les plus graves sont venues de son propre camp, notre propre camp. Je connais Madjara, une femme forte, courageuse, battante, engagée pour la cause d’Alassane Ouattara et du RDR. Elle s’est battue corps et âme pour que notre régime soit au pouvoir aujourd’hui. Je fais partie de ceux qui lui ont conseillé d’aller en exil au Burkina Faso, parce que son nom revenait dans tous les forums LMP parmi ceux des gens à abattre. Son domicile avait même été indiqué sur Facebook. De Ouaga, elle est allé en France où elle a mené une guérilla médiatique contre le régime de Gbagbo. Les dettes que Madjara détenaient sur l’Etat de Côte d’Ivoire n’ont jamais été honorées, alors qu’elle est de notre camp, qu’elle connaît personnellement tous les actuels dirigeants, a leurs numéros de téléphone direct, fréquente leurs bureaux… Personne n’a levé le petit doigt pour aider cette jeune dame, une militante convaincue, jusqu’a ce qu’elle s’enfonce dans la misère, une misère noire. Vidée de son appartement de la Riviera Palmeraie, elle a erré de proche en proche, ses affaires dispersées dans tout Abidjan. Pourtant elle avait des dizaines et des dizaines de millions en créances. Elle ne mangeait pas à sa faim. Et ce qui l’a assassiné, c’est la maladie de sa mère. Victime d’un AVC, Madjara s’est rendue à son chevet à Korhogo, mais vu la gravité de son état, la pauvre dame a été évacuée sur l’Institut de Cardiologie d’Abidjan où elle a été admise aux soins intensifs. Madjara a frappé à toutes les portes pour avoir un peu d’argent sur ses créances pour soigner sa mère. Rien. Par désespoir, elle a décidé de se suicider. Si nous ne l’avons pas aidé, respectons au moins sa douleur. Ceci n’arrive pas qu’aux autres. Personne ne sait ce que le Destin lui réserve.

Moussa Touré

Fri, 23 May 2014 10:18:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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