Ces cinq militants ont été interpellés dimanche soir, en marge d’échauffourées qui se sont produites devant le commissariat de Bobigny. Vers 19 heures, plusieurs dizaines de personnes, venues pour la plupart d’une manifestation organisée dans l’après-midi à Paris, s’y sont rassemblées pour protester contre l’interpellation, la veille au soir, d’une cinquantaine d’autres militants qui manifestaient aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, en marge de la Nuit africaine, qui y était organisée.
La tension est montée d’un cran lorsque trois ou quatre manifestants ont tenté de s’introduire de force dans les locaux du commissariat. Des affrontements éclatent à ce moment-là entre plusieurs militants et des policiers, dont l’un est légèrement blessé dans la bagarre. Des renforts de fonctionnaires sont appelés à la rescousse : CRS, policiers de la compagnie de sécurisation et de la BAC (brigade anticriminalité) de nuit. Les manifestants se replient alors vers la gare de Bobigny avant de se disperser. C’est là que la police a procédé aux cinq interpellations.
A l’origine de cet incident donc, l’interpellation samedi soir d’une cinquantaine de militants pro-Gbagbo et anti-Joseph Kabila (le président de la République démocratique du Congo) dans la soirée de samedi, alors que débutait au Stade de France la première Nuit africaine, qui a réuni 17 artistes, dont Alpha Blondy, Manu Dibango et Passi.
Malgré l’interdiction du préfet de Seine-Saint-Denis, les militants se sont rassemblés devant les grilles du stade, arborant des tee-shirts barrés de « slogans anti-Français et contre le président de la République », explique la préfecture.
Sur ces vêtements, visibles sur plusieurs vidéos diffusées sur Internet, figurent notamment une carte de l’Afrique, mentionnant les noms des pays africains victimes, selon les militants, de génocides, et le slogan : « Sarkozy, un génocide ne se fête pas. » Rapidement entourés par des gendarmes mobiles, les manifestants ont été emmenés dans un car de police vers plusieurs commissariats, notamment celui de Bobigny, avant d’être libérés quelques heures plus tard.
Depuis plusieurs semaines, les manifestations pro-Gbagbo se multiplient à Paris pour dénoncer « l’ingérence occidentale » en Côte d’Ivoire, et pour exiger la libération du président sortant, arrêté le 11 avril par les forces de son rival, le président élu Alassane Ouattara, appuyées par des casques bleus de l’ONU et la force française Licorne.
Le jour de l’arrestation de Laurent Gbagbo, une manifestation spontanée de ses partisans sur les Champs-Elysées avait dégénéré en échauffourées.
Le Parisien
Wed, 15 Jun 2011 02:05:00 +0200
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