VENUES S’ENQUÉRIR des nouvelles de l’ancien chef d’État ivoirien auprès de Sylvain Miaka Oureto, les femmes pa- triotes ivoiriennes en ont profité pour l’in- terroger sur les questions de la gestion des manifestations de résistance aux nouvelles autorités ivoiriennes, et de soutien à Laurent Gbagbo, sans oublier le sort des exilés et de tous les autres dé- tenus de LMP. Le nouveau patron par intérim du parti de Laurent Gbagbo n’a pas fait usage de la langue de bois. Après avoir rassuré sur l’état de santé physique et moral de Laurent Gbagbo, Miaka Oureto a lâché le morceau : « Sa- chez que Laurent Gbagbo n’a nommé personne comme porte-parole. La vérité est tout simplement qu’après son arrestation et sa mise en détention à Korhogo, Laurent Gbagbo a souffert de lire et entendre les sorties de sa fille Marie- Antoinette Singleton. Lui qui a toujours voulu éloigner ses enfants des joutes po- litiques a mal vécu les incursions de sa fille dans le débat politique ivoirien. Voilà pourquoi, par le biais d’un de ses avo- cats, il a demandé qu’elle s’adresse à Koné Katinan afin que celui-ci donne un vrai contenu politique à son propos. Cela ne voulait donc pas dire que Koné Katinan devenait le porte-parole de Laurent Gbagbo. Gbagbo n’a nommé personne, et je suis là pour mettre de l’ordre dans tout cela. Le FPI a une direction et elle est bel et bien à Abidjan. Ce n’est pas parce qu’on a été ministre pendant deux mois et étant en exil qu’on va s’imaginer qu’on va diriger le parti, indiquer les actions aux militants du FPI et partisans de Laurent Gbagbo. Le président est au courant de tout ce qui se passe. Il sait que certaines per- sonnes font de sa personne et de son combat pour la liberté et la démocra- tie un véritable fonds de commerce ». Pour dissiper tout doute et mettre fin aux suspicions, Miaka a renchéri ses propos : « Le président a demandé que je le re- voie après avoir fait tout ce qu’il m’a de- mandé de faire. Je dois lui rendre compte de tout ce qui se passe effectivement ici. Et rassurez-vous, il y aura du changement ». L’homme ira plus loin pour évoquer la question de la santé fi- nancière du parti dont il a la charge. « Je n’arrive toujours pas à comprendre que les caisses du FPI soient vides aujourd’hui. Nous nous retrouvons même avec des arriérés de loyers et des fac- tures d’eau et d’électricité impayées. Comment après avoir passé 10 années au pouvoir, nous nous retrouvons avec des comptes créditeurs d’à peine deux millions (2 000 000 FCFA) ? Où sont donc passées les cotisations des mili- tants, des cadres du parti, des directeurs généraux, des députés, et des mi- nistres durant ces dix années ? » s’est in- terrogé Miaka Oureto avec les femmes patriotes ivoiriennes de France. En guise de conclusion, Sylvain Miaka Oure- to a donné rendez-vous aux femmes pa- triotes ivoiriennes de France pour aujourd’hui lors d’une rencontre avec toutes les associations et organisations de soutien à Laurent Gbagbo dans le on- zième arrondissement parisien. « Il nous incombe d’ordonner tout cela, mettre fin à la cacophonie et au clien- télisme de certains d’entre nous. Lau- rent Gbagbo, le FPI, et la Côte d’Ivoire n’ont pas besoin de cela », a tenu à fai- re savoir Miaka Oureto.
Jean-Paul Oro in l’Intelligent d’Abidjan
Miaka pourra-t-il aller jusqu’au bout?
OVAJAB ! On ira jusqu’au bout ! Ce bout de phrase de Laurent Gbagbo repris en boucle par ses partisans, fera-t-il bon ménage avec Miaka Oureto. Mamadou Koulibaly n’appréciait pas les déclarations venues d’Accra ainsi que les sorties intempestives de Katinan Koné. C’est l’une des principales raisons de sa colère. Il ne manquait pas l’occasion de demander à ceux qui parrainaient Katinan Koné, de le rappeler à l’ordre, dénonçant cette tentative de vouloir gérer le parti à partir d’Accra et depuis Korhogo. Contrairement à Miaka Oureto, dont les uns parlent de la naïveté, l’ex-président de l’Assemblée nationale était convaincu que Laurent Gbagbo n’était pas étran- ger à la cacophonie et qu’il tirait bel et bien les ficelles du désordre. Ayant constaté les limites de cette stratégie, Laurent Gbagbo veut-il rectifier les choses, ou bien Miaka Oureto risque-t-il de faire les frais d’une nouvelle ruse? Serait-il encore reçu à La Haye avant de rentrer au pays? A son retour au pays, pourra-t-il toujours manifester le même punch pour mettre de l’ordre ? Ou bien mettra-t-il de l’eau dans son vin? Pour sûr, le ‘’boulanger’’ Laurent Gbagbo même en prison, n’a pas renoncé à manipuler et user de ruse pour bien tenir son monde, adouber et excommunier les uns et les autres. Sinon, il était possible qu’il passe un message à Mamadou Koulibaly quand celui-ci était vilipendé, et quand les activistes d’Accra jouaient les donneurs de leçons à ceux qui, en interne avec la grande masse de militants, tentaient de mener sans provocation, ni arrogance inutile, la lutte contre le régime Ouattara. Ce que Miaka est en train de faire, tout en restant fidèle au FPI, à Laurent Gbagbo, au sort des détenus et des exclus.
Charles Kouassi