Pour elle, la justice française a estimé que les faits dénoncés peuvent faire l’objet de poursuites. « Avec la désignation de ce Juge d’instruction, c’est un signal fort lancé à ses geôliers qui pourraient répondre de leurs actes devant la Justice française, face à la carence d’une justice des vainqueurs demeurée protectrice à leur égard jusqu’à ce jour », s’est-elle offusquée. Se réjouissant à travers la recevabilité de sa plainte, elle dira que « le temps de l’impunité est révolu, le processus judiciaire est désormais en marche avec toute son énergie et sa vigueur. Tous les protagonistes de cette affaire, qui se croyaient invulnérables et intouchables, vont devoir désormais répondre de leurs actes devant la Justice française.
Alea jacta est, les dés sont jetés », terminant sur cette locution latine, qui traduit sa satisfaction. Une satisfaction qui se justifie, dans la mesure où, rappelons-le, la première plainte du genre de Me Habiba, qui date de novembre 2012, avait été rejetée par la justice française. Elle a récidivé en juin 2012, avec une autre plainte accompagnée de constitution de partie civile. Une procédure qui entraîne la saisine automatique d’un juge d’instruction, sans passer par le Parquet. « Nous attendons de cette plainte qu’elle aboutisse à la désignation d’un juge d’instruction, qui pourra mener tous les actes nécessaires visant à ce que les auteurs des faits dénoncés soient traduits devant les tribunaux », avait expliqué Me Habiba, dans un communiqué à l’époque. Elle vient d’avoir gain de cause.
On l’imagine, les avocats de Guillaume Soro, le principal accusé, ne sont pas restés indifférents au communiqué de l’avocate de Michel Gbagbo. Un contre-communiqué a donc été produit depuis Paris, ce même lundi, par le collectif des avocats du président de l’Assemblée nationale ivoirienne. « Un communique surprenant et partial d’un avocat de Monsieur Michel Gbagbo vient d’être largement diffusé. Ce texte est un pamphlet politique », commence le collectif d’avocats. « Il met en cause gravement des personnes en s’affranchissant des règles de droit, du secret de l’instruction et porte atteinte à leur honneur », poursuit la Défense de Soro. Elle assure qu’ « à ce jour, Monsieur Guillaume Soro n’a été destinataire d’aucun document ou acte judiciaire de quelque nature que ce soit. Les conseils de Monsieur Guillaume Soro s’exprimeront le moment venu et décideront des suites éventuelles à donner », à cette affaire.
Hamadou ZIAO
In L’Inter
Tue, 05 Mar 2013 00:48:00 +0100
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