« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Politique nationale / Après ses récentes sorties dans la presse : Mamadou Koulibaly dans le viseur des Frci

C’est que le 11 avril 2011, à la chute de Laurent Gbagbo, des éléments des Frci à la recherche, disaient-ils, d’armes, avaient débarqué dans sa plantation à Azaguié et s’étaient saisis du contremaitre, Arouna Diakité, qui y travaille depuis des années. A ce dernier, ils avaient cassé presque toutes les dents, bien que n’ayant rien trouvé. Le 11 décembre dernier, les Frci ont remis le couvert. Arrivés au domicile de l’ancien président de l’Assemblée nationale avec le même motif, ils se sont encore emparés du même ouvrier à qui ils ont intimé l’ordre de leur montrer le lieu où le président de LIDER cache les armes, menaçant de l’abattre s’il ne s’exécute pas. Devant l’impossibilité pour ce dernier d’indiquer ce qui n’existe pas, les éléments des Frci lui ont demandé de leur indiquer alors le camp d’entrainement créé, selon eux, par Mamadou Koulibaly et où s’entraineraient des miliciens à sa solde. Impossibilité encore pour l’ouvrier d’indiquer ce lieu. Alors ces éléments, qui connaissent la plantation du leader de LIDER, abandonnent l’ouvrier qu’ils avaient roué de coups pour s’y rendre. Quelques minutes plus tard, ils reviennent en disant avoir fait une découverte qui allait conduire directement Mamadou Koulibaly à la Maca. C’est que, au lieu et place du camp d’entrainement qu’ils étaient allés chercher, les éléments des Frci sont revenus avec des plants de cannabis qu’ils disaient avoir découvert dans la plantation de Mamadou Koulibaly ! Et, selon eux, c’est en vendant ce cannabis que ce dernier financerait les activités de son parti politique. Il n’en faut pas plus pour qu’ils déclarent avoir saisi la RTI qui est en route pour fixer des images de cette exploitation de cannabis appartenant à Mamadou Koulibaly, dont ils annoncent aussitôt la fin de la carrière. Sur ces faits, la petite sœur du président de LIDER arrive, laquelle met au défi les Frci de prouver que c’est dans la plantation de son frère qu’ils ont trouvé le cannabis. Après quelques minutes d’échanges, ces derniers consentent à retourner sur le terrain avec la sœur et l’ouvrier. Mais une fois au lieu indiqué, oh surprise ! Il ne s’agit pas de la plantation de Mamadou Koulibaly mais plutôt celle d’un autre cultivateur. A ce dernier, les éléments des Frci demandent à qui appartient la plantation dans laquelle il est effectivement cultivé du cannabis. L’homme répond qu’il s’agit d’une parcelle à lui, qu’il avait cédée à un jeune homme qui voulait cultiver la terre pour subvenir à ses besoins. Mais cette réponse ne satisfait pas les éléments des Frci. Pour eux, la plantation appartient à Mamadou Koulibaly. Mais le cultivateur maintient ses propos malgré les menaces. Devant ces faits, il est embarqué pour aller indiquer le domicile de ce jeune homme à qui il prétend avoir cédé la parcelle en question. Là, ils ne trouvent pas le jeune homme, mais rencontrent son frère. Lequel confirme que la parcelle en question est bien celle de son frère et non celle de Mamadou Koulibaly. Mais les Frci ne l’entendent pas de cette oreille. Ils confisquent tout le matériel de travail, l’argent et le téléphone de l’ouvrier de Mamadou Koulibaly, qu’ils avaient par ailleurs mis aux arrêts. Finalement, ils le libéreront et lui restitueront son téléphone et son argent, non sans retenir la somme de 10.000 fcfa, pour disent-ils, leur carburant ! Quant au matériel de travail, ils l’emporteront avec eux. Depuis, malgré l’intervention du préfet et du sous-préfet, tous deux informés par Mamadou Koulibaly, les Frci n’ont pas restitué le matériel de travail confisqué. Et menacent même de mettre l’ouvrier aux arrêts s’il continue de les embêter. Dans le courrier adressé au chef d’Etat-major des armées et dont L’Eléphant déchaîné s’est procuré une copie, le président de LIDER écrit : «Vos troupes ont, en date du mardi 11 décembre 2012, appréhendé monsieur Arouna Diakité, mon petit-neveu et contremaître du site, l’accusant de cultiver du cannabis dans mon exploitation, dont la commercialisation permettrait de financer le parti politique que je dirige. […]Après vérification, il s’est avéré que la parcelle incriminée appartient plutôt à mon voisin. Ceci n’a pas empêché vos éléments d’accuser cette fois ledit voisin de me servir de prête-nom pour le même objet. Je voudrais rappeler ici que M. Arouna avait déjà fait l’objet d’une arrestation tout aussi fantaisiste et particulièrement violente en avril 2011, qui lui a causé la perte de la quasi-totalité de sa dentition. Il faut que cela cesse. La Côte d’Ivoire aspire à retourner au plus vite à un Etat de droit et je ne saurai tolérer plus longtemps les harcèlements, complots et mauvais traitements dont mes proches et moi-même sommes l’objet. La vocation des Frci n’est pas de terroriser mes parents, violer mon patrimoine et voler mes biens, mais d’assurer la sécurité des frontières du pays ainsi que celles des biens et des personnes. Je vous saurais gré d’instruire vos troupes dans la localité d’Azaguié de mettre un terme définitif à toutes leurs manœuvres d’intimidation de ma famille et aux infractions répétées de ma propriété privée.» Réponse du général Soumaïla Bakayoko ? Silence dans les rangs…

L’intelligent d’Abidjan

Wed, 19 Dec 2012 08:54:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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