Grogne au sein de la base du FPI
Pour l`immense majorité des militants et sympathisants LMP qui le murmurent au quotidien, la direction intérimaire du FPI devait se fixer pour mission première de redresser le parti, d`apporter la compassion et le soutien aux militants, de mettre tout en œuvre pour soutenir et obtenir la libération des camarades et dirigeants incarcérés et de travailler au retour des exilés. Ceux-ci trouvent politiquement indécent pour la direction intérimaire de négliger les camarades en prison et en exil pour organiser in fine un passage en force pour se positionner, s`imposer aux militants et asseoir son propre règne. A l`instar de l`ANC en Afrique du Sud, qui s`est bonifiée à l`épreuve du feu, en pleine période de l`apartheid quand ses dirigeants ont été incarcérés et malmenés par le régime ségrégationniste, il y a un minimum d`éthique en politique que des cadres du FPI ne seraient pas prêts à tolérer à leurs dirigeants actuels. Attendant de ceux-ci qu`ils œuvrent en regardant la souffrance et le sacrifice de leurs camarades pour un nouveau rayonnement de leur parti. Il y a quelques mois, le FPI a, en effet, bénéficié de 125 millions Fcfa de l`Etat pour le compte des subventions aux partis politiques les plus représentatifs de la nation. Mais, à en croire nos sources, à aucun moment la direction intérimaire n`a daigné envoyer des délégations et un soutien financier à ses camarades emprisonnés. Bientôt, ce sera le premier anniversaire de la chute du régime de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier. Jusque-là, la direction intérimaire du FPI n`a pas fait de la libération des détenus et du retour des exilés une préoccupation ni une priorité de sa lutte ou de son combat politique. Considérant que Gbagbo, les exilés et les détenus sont les symboles de la confrontation entre LMP et RHDP, et donc des négociations pour la normalisation de la situation sociopolitique et pour la réconciliation en Côte d`Ivoire, les fondamentalistes du FPI déplorent cet état de fait et s`interrogent sur le rapport entre la convention, « instance bureaucratique« et l`impératif de la lutte sur le terrain pour faire avancer les débats. En somme, l`ex-parti au pouvoir est à la croisée des chemins. Partagé entre les courants fondamentalistes et les ambitions de ses acteurs en embuscade, prêts à tourner la page de l`actualité pour envisager leur propre destin au détriment de leurs camarades encore en difficulté. Voici qui prépare encore à une autre division, qui risque de mettre à mal la formation politique créée par Laurent Gbagbo – lui-même détenu à la Haye – et qui semble courir précipitamment à sa perte. Le FPI pourra-t-il survivre vraiment à la bourrasque du 11 avril dernier ? En tout cas, ses dirigeants actuels ne semblent pas avoir les ressources morales et la force de caractère nécessaire pour rebondir. Comme l`a été le RDR, dans ses années de braise jusqu`à son accession au pouvoir. A ce jour, abandonnés quasiment par leurs camarades, qui ne mènent aucune action en leur faveur, les Affi N`guessan, Aboudrahamane Sangaré et autres dirigeants en détention ou en exil ne doivent plus leur salut qu’au président de la République, Alassane Ouattara. Le chef de l`Etat, s`il veut bien la réconciliation, pourrait donner des signaux, un an après la détention de ces politiques. La justice suivra son court, mais la démocratie y gagnera.
F. D BONY in L’Inter
Sat, 07 Apr 2012 02:10:00 +0200
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