« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Politique nationale / Le Pdci à la croisée des chemins

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) -c’est peu dire- a pris du recul. Présenté jadis comme la première formation politique de Côte d’Ivoire, en termes d’implantation, de nombres de militants et de cadres, le parti fondé par feu Félix Houphouët-Boigny n’est pas au mieux de sa forme, aujourd’hui. Les résultats de la présidentielle de 2010 et des législatives de 2011 sont là pour l’attester. Au premier tour de la présidentielle du 31 octobre 2010, Henri Konan Bédié, le candidat du Pdci, est arrivé en troisième position avec 25,24%. Il a été devancé par ses principaux adversaires, Alassane Ouattara (32,07%) et Laurent Gbagbo (38,04%). Certains observateurs de la vie politique nationale ont pensé que le « vieux parti » allait parfaire son classement pendant les élections locales. Ceux-là ont fait un flop dans leur prévision. A preuve, le Pdci a mordu la poussière pendant les législatives du 11 décembre 2011. Le parti d’Henri Konan Bédié -sur la base des résultats provisoires de la Commission électorale indépendante (Cei)- a obtenu 77 sièges alors que son allié, le Rassemblement des républicains (Rdr) faisait une razzia avec 127 élus. Cet échec n’a pas été du goût de biens de militants du parti sexagénaire. Pour eux, il est incompréhensible voire inacceptable que le Rdr, qui est sorti des entrailles du Pdci, surplante leur formation politique. Pour ceux-là encore, le Pdci ne doit pas continuer sa « descente aux enfers » sans tirer les leçons de sa chute. Hic et nunc. Pour d’autres, il n’est pas opportun d’organiser un congrès maintenant. Dans cette bataille entre pro et anti-bilan (congrès, c’est selon), il y a une question non moins importante qui divise le Pdci. Faut-il aller en Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) ou en rang dispersé aux municipales prochaines ? Bien plus, le Pdci doit-il faire fusion avec ses autres alliés pour devenir un parti unifié -le Rhdp- ou doit-il garder son appellation et continuer d’assumer son autonomie ? Voilà autant de questions sur lesquelles, les militants ne parlent pas le même langage. Ayant eu vent de tous ses sons discordants, Henri Konan Bédié a pris la décision d’organiser une réunion du Bureau politique. « Afin d’examiner avec la lucidité nécessaire l’ensemble de ces problèmes, je convoquerai sous peu, une réunion du Bureau politique qui devra se pencher d’une part, sur le bilan de la participation de notre parti aux élections présidentielles et législatives et d’autre part, sur les problèmes de notre vivre en commun, les problèmes d’identité, sur la base des enseignements du père fondateur. D’ores et déjà, j’instruis le Secrétaire général et son équipe à préparer cette rencontre dont les travaux seront consacrés au bilan de ces deux consultations. Cela permettra de dégager les grandes lignes de la conduite à tenir en vue des consultations locales, les municipales et les régionales », a annoncé M. Bédié, le mercredi 8 février 2012, pendant une cérémonie d’échanges de vœux à la maison du Pdci à Cocody. « Unis, nous deviendrons une force de frappe redoutable, une machine qui fait peur, une machine qui gagne. Soyons donc conscients de cette réalité, de cette force latente dont nous disposons et regardons dans la même direction quels que soient les problèmes du moment. C’est de cette manière que nous viendrons à bout de toutes nos difficultés et que nous pourrons, dans une symbiose parfaite, obtenir ce qui nous est le plus cher, l’union et la cohésion de notre parti, le Pdci-Rda », s’est convaincu l’ex-chef de l’Etat ivoirien.
Au sortir de cette réunion, dont la date n’est pas encore connue, le Pdci devra prendre des décisions. S’il prend de bonnes mesures, il pourra retrouver son rayonnement d’antan et la place qui doit être la sienne. Dans le cas contraire, le Pdci va continuer de se « rabougrir ».

SYLLA A. in Soir Info

Thu, 16 Feb 2012 08:44:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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