« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Port-bouët :Des déchets et eaux usées dans un quartier et une école primaire font plusieurs malades – Les populations se soulèvent, les cours arrêtés jusqu’à nouvel ordre

En toile de fond de cette grande colère, l’écoulement, sur la chaussée et dans le quartier, d’eau usée mélangée à des déchets humains. De couleur noirâtre, elle dégage une forte odeur de souffre ou d’acide sulfuré. Cela a mis les riverains en colère. « Cette eau est toujours présente ici et aucune autorité ne veut s’en occuper. Nous avons décidé de nous faire entendre, en érigeant des barrages mais surtout en voulant éviter que cette eau pleine de microbes atteigne nos maisons », a pesté K.L. l’un des meneurs qui a aussi prévenu que les populations de Kingston maintiendront la pression jusqu’à l’obtention d’une satisfaction auprès des autorités. Si les riverains ont été surpris, depuis quelques jours, par cette eau, ce n’est pas le cas à l’école primaire publique Selmer-Camp Vridi 2.

En effet, les élèves et les enseignants de cette école, située à deux pas de la bouche d’évacuation en est victime depuis fin 2010. Plus grave, cette eau nauséabonde a créé un cratère à l’intérieur de l’école, laissant échapper directement les fortes odeurs non loin du point d’eau des écoliers. Conséquence, ce sont plusieurs malades qui ont été déclarés. « La plupart des 1.200 écoliers souffrent de problèmes respiratoires, de toux aiguë et de maux de tête.

Aujourd’hui, nous sommes obligés de nous promener avec des cachets de paracétamol », s’est inquiété un enseignant qui a soutenu que son collègue N’gohé Fernand est certainement décédé, le 9 septembre 2012, parce qu’il se plaignait régulièrement d’être étouffé par la forte odeur dégagée par l’eau usée mélangée aux déchets humains.

Très en colère, devant le mutisme de la Sodeci, des services techniques de la mairie de Port-Bouët, de la direction régionale de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, les 26 enseignants d’Epp Selmer Camp-Vridi 2 ont arrêté les cours, depuis hier. « Depuis ce matin (hier, Ndlr), nous avons décidé d’un arrêt des cours pour notre santé et celle des centaines d’écoliers, jusqu’à satisfaction. Nous voulons travailler dans un environnement sain », a martelé un enseignant. Selon ce dernier et après constat, plusieurs absences sont enregistrées depuis des semaines parce que des parents refusent que leurs « enfants viennent se faire empoisonner ».

M’BRA Konan in Soir Info

Fri, 15 Mar 2013 04:10:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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