Lorsque nous arrivions au boulevard Akwaba, ce vendredi soir à 18 h 15 mn, ce n’était pas encore la grande affluence. Seule une dizaine de jeunes s’adonnaient à quelques exercices physiques. Mais des vendeuses d’eau glacée et de noix de coco qui ont installé en ce lieu un marché de fortune, étaient déjà à leur poste et attendaient l’arrivée de ces coureurs de vendredi qui sont aussi leurs clients. Chose normale, après une débauche d’énergie, ces sportifs ont besoin de se désaltérer.
Approchées, Mmes Ouattara Abiba et Coulibaly Kpahonan, vendeuses d’eau glacée, nous indiquent : « ils ne sont pas encore arrivés, mais ils ne tarderont pas ». Chose promise, chose due, pourrait-on dire. Car à 19 h 20, arrive un premier groupe de coureurs en provenance de Koumassi. 19 h30, un autre groupe arrive de Marcory. À 20 heures, l’espace du boulevard Akwaba est noir de monde. Les derniers arrivants se positionnent de l’autre côté de la voie non loin de la nouvelle Bâche Bleue, ex-Moussakro. Une fois installés, les exercices commencent avec des chants, des gymnastiques de toutes sortes. Ces exercices physiques sont souvent conduits par des maîtres.
Il convient de relever que ces jeunes sont pour la plupart des compagnons de classe, des amis de quartier ou issus des clubs (Karaté, Judo, cyclisme, football). Ils se donnent rendez-vous chaque vendredi après leurs activités respectives, en ce lieu, pour faire du sport. Certains disent choisir ce lieu pour se relaxer car dans leur quartier les espaces de recréation se font de plus en plus rares. C’est le cas du jeune Egg Thierry qui habite Koumassi-Sicogi. D’autres viennent pour se dégraisser et maintenir la forme. C’est l’avis de Mlle Sara Badjan qui vient de Marcory Anoumanbo. « Je viens pratiquer le sport pour éviter d’être obèse. Car mon chéri ne veut pas que je grossisse », indique-t-elle. Pour les frères Koffi (Jean Marc et Joseph respectivement 11 ans et 12 ans), ils disent venir pour avoir du tonus musculaire. Des athlètes en train de faire quelques étirements (Photo: Eugène Yao)
À la question de savoir pourquoi le vendredi, Kaboré Emmanuel résidant à Biéttry répond : « J’ai choisi le vendredi parce que c’est le seul jour où j’ai vraiment le temps. Le samedi soir, je sors donc je ne fais pas le sport ce jour pour ne pas être fatigué. Du lundi au vendredi, je vais au travail et je n’arrive pas vite à la maison. Le dimanche aussi, je me repose après la messe pour reprendre lundi ». Pour Camara Abdoulaye, « les autres jours, il y a des gens qui font le sport mais le vendredi est un jour spécial ; car c’est le seul jour où il y a du monde et c’est intéressant d’être ensemble ». Après une soirée sportive bien remplie, nos athlètes regagnent leur domicile dans une ambiance de fête entre 21 heures et 22 heures en se donnant rendez-vous le vendredi prochain.
Il faut noter que l’objectif de tous ces jeunes qui se retrouvent à la place Akwaba, n’est autre que faire du sport pour se maintenir en bonne santé. Mais il faut toutefois déplorer que ces jeunes coureurs surexcités n’hésitent pas à occuper la chaussée en défiant les autonomistes à ce carrefour où les véhicules roulent à vive allure. Ce qui soulève le problème du manque ou de l’occupation des espaces de jeu dans les différents quartiers de la ville d’Abidjan. Il est temps que le gouvernement se penche sur la question pour la sécurité de ces sportifs.
Eugène YAO in FRATERNITE MATIN
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