« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Port-Bouët : Son épouse le quitte, un élément des Frci abat sa belle-mère

Kéïta Brahima, élément volontaire des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), a abattu sa belle-mère Konta Aïcha. Le crime, il l’a commis le jeudi dernier 7 juillet à « Anani », quartier situé sur la route menant à Grand-Bassam, dans la commune de Port-Bouët. Comment comprendre cette affaire ? Pour le faire, selon nos sources, il faut remonter au début de l’année en cours. Cette année-là, alors qu’il est vendeur dans un commerce à Adjamé, Kéita Brahima fait la connaissance d’une jeune fille répondant au nom de Cissé Mariam. C’est rapidement qu’il tombe amoureux de cette dernière. Mariam également ne reste pas insensible aux avances du commerçant. Les deux amoureux nourrissent l’idée de se mettre en ménage. Brahima qui ne perd pas de temps va demander la main de son amante auprès de ses parents dont dame Konta Aïcha, la mère de la jeune fille. Les formalités remplies, le mariage est scellé de façon relativement faste. C’est le « big love ». Mais quelques mois seulement après, tout s’écroule. Le couple ne s’entend plus et l’ambiance est invivable. Quelles en sont les raisons? Nos sources ne l’indiquent pas. On en est là, lorsque survint l’avènement des Frci à Abidjan. Brahima s’engage volontairement dans les rangs de cette armée. Sanglé dans son treillis et la kalachnikov en bandoulière, il se sent désormais au dessus de tout. Dans son foyer conjugal, son seul mode de discussion à présent, c’est la bastonnade. Sa femme Mariam avec laquelle il est en froid en fait les frais presqu’au quotidien. Finalement, la jeune femme n’en peut plus de supporter cette violence. Sait-on jamais, cela peut un jour virer au drame pour elle. Donc pendant qu’il est encore temps, il lui faut se barrer au plus vite. Profitant alors de l’absence de son mari, elle plie bagages et décampe. A son retour, Brahima constate les faits. Et pour lui, si puissant élément des Frci, cet abandon de foyer est un affront qu’il va falloir laver. Le jeudi dernier 7 juillet, Kéïta Brahima débarque au domicile de sa belle-famille, au quartier « Anani ». C’est Konta Aïcha la mère de sa dulcinée qu’il trouve en place. Ruminant de colère, il demande de façon autoritaire après sa femme. Et menace d’abattre son interlocutrice, si jamais il lui est indiquée une quelconque absence de son épouse. Malheureusement, c’est la réponse que donne la belle-mère tremblant de tous ses membres. C’est justement cette réponse que ne voulait pas entendre le soldat. Il charge sa kalachnikov. Voyant que les choses sont vraisemblablement en train de prendre une autre tournure, dame Konta Aïcha prend la fuite et croit bien faire de s’accrocher à l’une de ses amies venue lui rendre visite. Malheureusement pour elle, cela n’entame en rien, la volonté de son beau-fils de lui faire la peau. Sa menace, Brahima la matérialise. Et sans autre forme de procès, il exécute sa belle-mère, avant de quitter les lieux. Sa folie meurtrière, il l’explique par le fait qu’il est convaincu de ce que ses beaux-parents sont loin d’être étrangers à la désertion du foyer conjugal par son épouse. La police alertée a procédé à un constat d’usage et ouvert une enquête. Le meurtrier est activement recherché. Voilà une autre regrettable preuve de la prolifération des armes en possession d’individus qui ne devraient pourtant plus en détenir.

FOFANA Mambé in Soir Info

Sat, 09 Jul 2011 12:31:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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