« Annuler au nom du droit »
Pour Mes Philipe et Mariam Diawara, « la conférence , au travers ses décisions litigieuses du 26 Avril 2012 , se comporte en un organe législatif de la République Mali au mépris de son indépendance politique et de sa souveraineté nationale pourtant reconnus et consacrés , en sa qualité d’Etat membre de la Cédéao, par l’article 2 du protocole relatif au mécanisme de prévention, de Gestion, de règlement des conflits , de maintien de la paix et de la sécurité ».
« Aucune disposition du traité du 28 mai 1975, ni celui du traité révisé du 24 juillet 1993, les protocoles et instruments juridiques subsidiaires de la Cédéao n’autorise la Conférence à prendre les mesures de la nature de celles concernant la crise malienne », constate pour sa part le secrétaire général du parti Sadi. Pour Oumar Mariko, il y a manifestement une incompétence matérielle de la Conférence au regard de la législation communautaire.
Abondant dans le même sens, le président du parti Sadi, a expliqué que la Cédéao a manqué de démocratie dan la prise de ses décisions concernant la résolution de la crise malienne. D’où l’avis des avocats qu’ »en agissant ainsi, au mépris des stipulations de l’article 36 alinéa 4 de la Constitution malienne, la Conférence expose ses décisions de transition à annulation pour avoir méconnu les dispositions de l’article 1, alinéa C du protocole susvisé ».
Au surplus, renchérissent les avocats, les décisions litigieuses violentes les stipulations de l’article 2 paragraphe 2 dudit protocole qui énonce que « les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou aux périodes fixées par la constitution ou les lois électorales ».
Pour Mes Philipe et Mariam Diawara, « l’article 36 alinéa 4 de la Constitution de la République du Mali prescrit que le président de la République par intérim doit organiser les élections présidentielles 21 jours au moins et 40 jours au plus à compter de la date de sa prise de fonction qui est celle de la constatation de la vacance de la présidence de la République par la cour constitutionnelle, en l’occurrence au plus tard le 21 mai 2012 ;
Or, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement au travers des décisions prises le 26 avril 2012 substitue leur date et période à celles prévues par la constitution et les lois électorales du Mali au mépris des dispositions de l’article 2 paragraphes 2 du protocole susvisé.
C’est donc par ces motifs que les avocats du parti Sadi, à travers leur requête, demandent à la Cour de justice de la Cédéao de censurer les décisions litigieuses. Affaire à suivre…
Issa Fakaba Sissoko in L’indicateur du Renouveau
Mon, 06 Aug 2012 22:27:00 +0200
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