D’ailleurs Sarkozy avait donné le ton juste après l’investiture de Ouattara. Il ne s’est pas empêché de révéler que le 43e Bima ne quittera plus Abidjan. Un discours qui prend à contre pied ses déclarations de bonnes intentions des premières heures de sa prise de pouvoir. A savoir rompre avec la Françafrique. Et donc faire partir de l’Afrique les symboles de cette France coloniale qui entretient les réseaux mafieux qui régentent le monde politique sur le continent noir. En Côte d’Ivoire Sarkozy se trouve rattrapé par les réalités de l’Empire qui doit par tous les moyens préserver ses intérêts en Afrique .Il y a une réalité autour de laquelle le monde politique s’accorde du côté de Paris. La France doit vivre a-t-on l’habitude de dire. En Côte d’Ivoire, la France a besoin de tout pour vivre. L’avenir de la Côte d’Ivoire et la vie des Ivoiriens, n’est pas leurs soucis.Ce qui les attire, ce sont les richesses dont dispose le pays. Le reste n’est que pure simulacre pour faire bonne conscience aux yeux de l’opinion. Paris pousse donc le nouveau pouvoir à toutes sortes d’écarts. C’est pourquoi pendant qu’il prône la réconciliation, une véritable chasse à l’homme est organisée dans la camp Gbagbo. Depuis plusieurs jours les mandats d’arrêts contre les proches de Gbagbo sont devenus les hobbies du nouveau pouvoir. Bien évidemment la presse qui lui est proche s’en donne à cœur joie comme si les Blé Goudé, Don Melo et autres étaient des bandits de grand chemin. Des personnalités militaires de haut rang sont aussi sur la liste du pouvoir qui ne voit que les criminels dans les rangs de Gbagbo, malgré les dénonciations des organisations de défense des Droits de l’Homme. C’est quasiment une hantise pour Ouattara qui ne se soucie pas si ces mesures pourraient plomber le processus de réconciliation dont il a besoin pour réussir son mandat. Mais là n’est vraiment pas leur problème. L’essentiel pour eux c’est de casser du Gbagbo surtout la France est là et elle veille au grain. Certains confrères hexagonaux ne se sont empêchés à ce effet de voler au secours de l’Empire. «Pour avoir Gbagbo, il d’abord réussir à prendre Blé Goudé» a confié un confrère français lors d’une émission télévisée au plus fort de la crise postélectorale. On n’est pas étonné de voir la France et ses médiats fermer les yeux sur les dérages de ses poulains en Côte d’Ivoire. Sarkozy qui se veut défenseur de la démocratie tolère l’intolérable à Abidjan. La réconciliation nationale est plombée à cause des agissements du pouvoir. Il y a aussi le processus démocratique qui a pris du plomb dans l’aile. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire il n’y a qu’une seule chanson qui doit être chantée; à savoir Ado. Et pas plus. S’afficher pro-Gbagbo c’est son ticket pour la mort. C’est même un suicide. Une situation que la Côte d’Ivoire n’a pas vécu au temps du monarque Houphouët et sous la transition militaire avec le général Guéi. Plus de cinquante ans après la France a décidé d’enfermer les ivoiriens comme à l’époque coloniale. Désormais tout se fait au bon vouloir de Paris même si l’avenir du pays est en jeu. La Côte est un pays africain. La France peut donc tout faire ici. Le plus important est que ça concourt au rayonnement de l’Empire.
In Le Temps
Mon, 04 Jul 2011 22:31:00 +0200
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