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Cheikh Anta DIOP
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Premiers combats au sol des soldats français au Mali

Le dispositif militaire français se renforce de jour en jour.

Pour l’heure, Serval mobilise 1 700 soldats, dont 800 directement engagés au Mali.

Pour la première fois depuis le début de l’opération Serval, des soldats français ont combattu mercredi 16 janvier au sol des djihadistes aux abords de la ville de Diabali (400 km de Bamako). Un affrontement au « corps à corps », selon une source sécuritaire citée par l’AFP. Tout porte à croire que l’état-major français a engagé dans ce combat des forces spéciales.

En face d’eux, des éléments du groupe islamiste Aqmi. Ces derniers ont conquis Diabali, lundi 14, sur l’armée malienne. En riposte, l’aviation française les a bombardés, mardi. Mais l’efficacité des raids aériens dans ce cas précis est délicate dans la mesure où les djihadistes se fondent dans la population. Or, les aviateurs français ont ordre de ne pas bombarder leur objectif s’il y a des risques d’atteindre des civils.

Les forces mobilisées

Alors que les forces spéciales sont entrées en action, le dispositif français se complète de jour en jour. Pour l’heure, Serval mobilise 1 700 militaires français dont 800 sont directement engagés au Mali. Avec les forces spéciales dont on ignore exactement le nombre sur le terrain, cette force d’intervention est composée principalement des « marsouins » du 21e régiment d’infanterie de marine de Fréjus (21e Rima) et des légionnaires du 1er régiment étranger de cavalerie d’Orange (1er REC), basés habituellement à N’Djamena, au Tchad.

S’y ajoutent une compagnie (150 hommes) du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa) stationné à Auvours (Sarthe) et une quarantaine de véhicules blindés (VAB et Sagaie) arrivés de Côte d’Ivoire dans la nuit de lundi à mardi. Une trentaine d’entre eux s’est ensuite dirigée vers le nord, en direction de Mopti.

À ce jour, les Français sont déployés à trois endroits différents : Bamako (le fort des troupes), à Sévaré (où se trouve une base stratégique de l’armée malienne, dans le centre du pays) et à Niono, à une trentaine kilomètres au sud de Diabali.

Le dispositif militaire

Du point de vue aérien, le dispositif d’attaque français s’appuie directement sur six Mirage 2000D et 4quatre Rafale (tous positionnés au Tchad). Ils ont pour mission d’attaquer directement les islamistes et détruire leurs bases arrière. Des avions Rafale basés en France peuvent aussi intervenir directement au Mali (comme dimanche où ils ont bombardé les bases arrière du Mujao à Gao). Les appareils basés à Abou Dhabi (Émirats arabes) sont en alerte.

La France a aussi mobilisé cinq avions­ ravitailleurs C-135 FR et cinq avions de transport tactique (Transall et Hercules) pour le ravitaillement et le transport. Enfin, les missions de renseignement sont assurées par deux Mirage F1CR (présents à Bamako), par des Atlantiques 2 de la Marine (ils viennent de Dakar) et par le satellite européen d’observation de la Terre, Pléiades 1B.

Pour compléter le dispositif militaire, une dizaine d’hélicoptères du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) de l’armée de terre sont aussi mobilisés (des Gazelle et un Tigre). Et deux drones devraient arriver aujourd’hui sur le terrain.

Quelques minutes avant l’engagement des forces spéciales à Diabali, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian rappelait l’objectif de la France : « Le but, c’est de faire en sorte que le Mali retrouve sa souveraineté, son intégrité sur l’ensemble de son territoire. »

Si la mission de Serval est d’aider effectivement le Mali à retrouver son intégrité territoriale en l’aidant à se débarrasser des islamistes armés qui occupent le nord du pays depuis neuf mois, cette opération répond aussi à un autre objectif, jamais mis en avant : consolider le pouvoir du président par intérim Dioncounda Traoré en le protégeant directement des putschistes du capitaine Sanogo.

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Union nationale autour de l’intervention militaire

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a rappelé, hier, devant les députés, les objectifs de l’engagement des forces françaises au Mali : prioritairement, « arrêter l’avancée des groupes terroristes vers Bamako » et « préserver l’existence de l’État malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale ».

À l’occasion de ce débat, Jean-François Copé a résumé la position de l’UMP : « Soutien mais vigilance, union nationale mais questionnements. » Jean-François Copé et l’ancien ministre de la défense Hervé Morin (UDI) ont en effet regretté le caractère « tardif » et l’ « impression d’isolement » de l’intervention française, appelant par ailleurs à ne pas faire demain du budget de la défense « une variable d’ajustement ».

Seul François Asensi (Front de gauche) a exprimé « des réserves sur l’opération militaire déclenchée, sur sa forme, ses conditions, ses objectifs », estimant que « la guerre est toujours la pire des solutions, la plus incertaine » .

LAURENT LARCHER in la-croix.com

Wed, 16 Jan 2013 19:16:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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