Mieux que prévu pour Marine Le Pen, moins bien qu’annoncé pour Jean-Luc Mélenchon. La candidate du Front national a obtenu 17,9% des suffrages exprimés, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, alors que les ultimes prévisions des instituts de sondage, vendredi, la plaçaient sous la barre des 17%. L’erreur d’appréciation est plus importante encore pour le candidat du Front de gauche. Rassemblant 11,10% des suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon était pronostiqué entre 12 et 14,5% vendredi encore.
Le redressement du vote Le Pen en question
Très critiqués dimanche soir, les instituts de sondages ont eu à s’expliquer sur leurs pronostics. Ils reconnaissent quelques imprécisions sur le vote Le Pen et l’abstention mais leur seul mea culpa porte sur l’estimation de Jean-Luc Mélenchon.
Ils expliquent ces imprécisions par les marges d’erreur. Elles sont de 2,5 points pour un échantillon de 1.000 personnes. Ce qui s’est produit, explique Céline Bracq, directrice adjointe de BVA Opinion, «c’est que c’est la fourchette haute du vote Le Pen qui s’est exprimée, et la fourchette basse de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon».
Pour Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à l’université Paris X-Nanterre, fondateur du très critique Observatoire des sondages, «cela pose la question du redressement. Pour Marine Le Pen, la déclaration de vote en sa faveur s’étant banalisée, les intentions de vote avaient moins besoin d’être redressées.» La courbe de la candidate FN dans les sondages a grimpé dès qu’elle est revenue aux fondamentaux du Front national, dans les dernières semaines. C’est grâce à cela qu’elle a repris sa place de «troisième homme» à Jean-Luc Mélenchon Les instituts de sondage ont plutôt bien perçu cette tendance à la hausse.
Le vote Mélenchon pénalisé par la peur d’un nouveau 21 avril?
Pour Jean-Luc Mélenchon, «les sondeurs n’avaient pas d’offre équivalente en 2007» poursuit Alain Garrigou. Le Front de gauche avait conscience de ce manque, et avait cherché, l’automne dernier, à obtenir les méthodes de redressement le concernant, sans succès.
De l’avis général, le candidat du «bruit et de la fureur» a marqué les esprits dans cette campagne. Les personnes sondées se sont de plus en plus affirmées comme des électeurs de Mélenchon. Mais ce bruit médiatique ne lui a pas permis de tenir son pari: battre Marine Le Pen dans les urnes. En cause, notamment: la menace d’un nouveau 21 avril.
«Certaines personnes tentées par un vote Front de gauche ont finalement voté utile. Je pensais que les sondeurs apporteraient plus de corrections à leurs intentions», explique Christophe Bourseiller, spécialiste de l’extrême gauche.
Un vote «surdéclaré» dont Jérôme Sainte-Marie, de l’institut CSA, concède bien volontiers n’avoir pas su prendre toute la mesure. «Je n’ai pas de réponse immédiate pour l’expliquer. Les jeunes, peut-être, qui n’avaient encore jamais participé à une élection, ont pu au dernier moment se transformer en abstentionnistes. Cet électorat en formation est mouvant, faiblement coagulé.»
Lucie Romano in 20minutes.fr
Mon, 23 Apr 2012 19:48:00 +0200
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