«La loi sera appliquée dans sa rigueur»
En conséquence, le Cnp a «décidé d’accorder un moratoire de deux mois, allant d’avril à mai 2013, aux entreprises de presse en situation irrégulière pour se conformer à la loi». Passé ce délai, a tranché Raphaël Lakpé, «la loi sera appliquée dans sa rigueur ». Car pour lui, il y va de la survie de la profession et du respect du journaliste. «Deux mois, c’est largement suffisant pour que les entreprises de presse se mettent en règles, si on est animé d’une bonne volonté», a insisté le président du Cnp tout en assurant que l’organe est en pleines négociations avec les syndicats et les autres organisations professionnelles des journalistes, ainsi que le patronat.
Cette décision du journaliste-président fait suite à la synthèse des travaux d’une mission d’évaluation des entreprise de presse de Côte d’Ivoire que le Cnp a ordonnée, du 23 octobre au 3 décembre 2012, «afin de renseigner l’opinion sur l’application de la convention collective, la déclaration des employés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), la détention de la carte d’identité de journalistes professionnels par le rédacteur en chef, son adjoint ou le secrétaire générale de la rédaction et le contrôle de quorum de professionnels requis pour l’animation d’une rédaction».
35 rédacteurs en chef seulement…
Sur un total de 72 entreprises de presse recensées, a notifié le conférencier, le Cnp n’en a visité que 61 éditant 70 journaux dont 22 quotidiens, 2 agences de presse privée diffusant l’information par Sms. «Les 11 entreprises de presse qui n’ont pu être visitées sont celles qui ont, soit cessé leur activités, soit disparu du marché», a expliqué Lakpé.
Par la suite , le président du Cnp a déploré que seulement, 35 rédacteurs en chef des 70 journaux (50 %) sont détenteurs de la carte d’identité de journaliste professionnels, 17 rédactions sur les 70 comptent une équipe rédactionnelle composée en majorité de journalistes professionnels (soit 25 %), 22 entreprises de presse ont fourni les preuves matérielles que leurs journalistes professionnels sont payés au minimum des 1400 points et plus, conformément au protocole d’accord sur l’application de la convention collective au terme des dernières négociations entre les syndicats et le patronnât.
Raphaël Lakpé a encore déploré que 25 entreprises (34 %) ont affirmé avoir déclaré leurs personnels, tandis que la plupart d’entre elles cumulent des arriérés de cotisations. Parmi les 22 quotidiens, selon lui, 10 titres édités par 8 entreprises remplissent cumulativement les 4 conditions minimales, alors qu’au nombre des hebdomadaires, 2 titres édités par 2 entreprises respectent les conditions légales.
Décidément, le Cnp et les syndicats ont de la matière dans cette grisaille de la presse ivoirienne qui ne veut mourir de se propre mort.
Schadé Adédé in Notre Voie
schadeci@yahoo.fr
Sat, 23 Mar 2013 00:53:00 +0100
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