Le vendredi 7 septembre, le quotidien La matinale, le journal personnel d’Amadou Soumahoro, l’homme qui envoie les pro Gbagbo au «Cimetière» sûrement dépassé par les évènements, ne s’est pas empêché de faire une Une complètement injurieuse. «Le visage hideux des négateurs de la démocratie». Voila ce qui a été écrit en manchette. Imaginé une fois que ce soit le Le Temps qui fait une telle Une… La sanction la plus souple serait en tout cas, un an de suspension. Peut-être que le Cnp n’a pas vu ça. Ou alors en Côte d’Ivoire, on peut désormais se permettre de dire tout sur un opposant, on ne sera pas inquiété. «On leur avait promis le cimetière, qu’ils s’estiment donc heureux si on les insulte seulement », dirait-on dans les rangs du rdr. En fait on se demande finalement ce que lit le Cnp chaque jour. Ces fameux censeurs qui se comptent parmi les activistes du rdr n’ont les yeux braqués chaque jour, que sur la presse proche du Président Gbagbo. Faisant ainsi de cette institution, une tribune politique où se joue le combat de la légitimation du pouvoir Ouattara. Le fait d’écrire que un tel a été «Premier ministre» empêche-t-il Ouattara de diriger la Côte d’Ivoire ? Lakpé qui après sa nomination, disait qu’il ne vient pas avec un couteau entre les dents pour couper des têtes, se trouve pris au piège de ses déclarations. En réalité, Ouattara l’a envoyé là-bas pour couper des têtes. Faire taire la presse de l’opposition. Ce que Dié Kacou n’a pas réussi. Le pouvoir ivoirien rêve de la belle époque postcoloniale. Le temps où on ne contredisait pas le chef. L’ère de la Démocratie est bien révolue au Cnp. C’est le Président Gbagbo qui avait un grand respect pour la liberté de la presse. N’est pas Gbagbo qui veut. Et on ne devient pas démocrate sur le tard, ou par snobisme. C’est un état d’esprit. Une habitude. Rsf peut venir maintenant chercher à comprendre comment cette structure fonctionne. Car depuis le 11 avril 2011, elle ne fait faire parler d’elle, avec des décisions qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire. Alors que malgré la guerre, il y avait quand même un grand pas qui a été fait vers la démocratie. En somme, simple petit rappel au Cnp. Dans une démocratie, on ne suspend pas un journal.
Guehi Brence in Le Temps
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