Discrètement, le régime Ouattara est en train de préparer le renvoi des gardes pénitentiaires des 33 prisons du pays à la suite des nombreuses évasions constatées depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Selon des sources pénitentiaires, des éléments des Frci ont reçu des affectations dans des prisons. « Vendredi dernier, nous avons rencontré un jeune homme à bord du même véhicule de transport. A un barrage de contrôle des Frci, un jeune s’est présenté à nous, comme étant un élément des Frci qui vient d’être muté à la police pénitentiaire. Intégré dans les rangs des Frci avec un numéro de matricule, ce jeune homme a révélé qu’ils sont plus d’une centaine à avoir été formés pour sécuriser les prisons », a témoigné, samedi dernier, un garde pénitentiaire sous le couvert de l’anonymat. D’autres agents ont confirmé que les autorités manoeuvrent actuellement pour faire passer en première ligne les éléments des Frci dans la surveillance des établissements pénitentiaires. « Les patrons veulent nous retirer de la gestion des prisons pour la confier aux Frci. Comme à part les établissements pénitentiaires, les gardes peuvent être mutés dans l’administration, la justice et la diplomatie, les autorités travaillent à cela depuis quelques jours. Nous attendons de voir comment elles vont s’y prendre » a déclaré un agent. En tout état de cause, les gardes pénitentiaires attendent cette décision et comptent aviser. L’information qui a fait le tour des pénitenciers a suscité également la colère de certains agents. « Moi, je préfère déposer ma tenue et rejoindre mon village que d’aller servir dans une administration à laquelle je n’ai pas été formé. Et dès que cette décision est signifiée, j’arrête de travailler dans la prison, quitte si les détenus veulent s’évader, je m’en fous. Je n’ai plus à répondre de quoi que ce soit », a prévenu un surveillant des établissements pénitentiaires. A en croire les gardes, le pouvoir les méprise beaucoup à telle enseigne qu’ils n’ont aucune arme de dotation pour surveiller les dangereux détenus et qu’à la moindre évasion devenue récurrente chaque week-end, les autorités les mettent aux arrêts. «Ils n’osent même pas interpeller les gendarmes fautifs lors des trois évasions qui ont lieu à la Maca. Pis, les maisons d’arrêts datant de l’époque coloniale n’ont pas été réhabilitées comme il se doit. Le pouvoir préfère armer les Frci qu’il nous envoie pour sécuriser les prisons », a protesté un garde. Selon des responsables de la direction de la Maca, la décision de muter les Frci dans les prisons ne leur a pas encore été signifiée officiellement.
Didier Kéi in NOTRE VOIE