« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Prix de l’électricité : Le Mali résiste au FMI, la Côte d’Ivoire craque

La Côte d’Ivoire est un exportateur important d’électricité dans la région ouest-africaine, et approvisionne ses voisins, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana, le Mali et le Togo.
Mais pendant que, au motif que la première puissance économique de l’UEMOA, à bout de souffle, ne peut financer le secteur, notre pays annonce une révision à la hausse des tarifs d’électricité à compter du lundi 1er juin dans l’optique de l’amélioration de sa fourniture en Côte d’Ivoire, le Mali, importateur d’électricité, prend le chemin inverse.
Pourtant d’une part, le Fonds monétaire international (FMI), par son chef de mission, Christian Josz, a demandé, en mars 2014, au gouvernement malien d’augmenter le coût de l’électricité au Mali, et d’autre part, ce pays, comme la Côte d’Ivoire à partir de septembre 2002, est confronté à une rébellion armée touareg.
Malgré ces concours de circonstance, les descendants de Soundjata Kéita font la sourde oreille. Ils prévoient de faire baisser le coût de l’énergie électrique et en même temps d’accroitre la couverture énergétique nationale d’ici 2018 grâce à un prêt de 25 milliards de francs CFA auprès de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
Les erreurs de débutant.
La Côte d’Ivoire n’a pu résister aux injonctions des bailleurs de fonds alors que le jeudi 18 octobre 2012, en saluant le projet d’extension de la centrale thermique d’Azito (commune abidjanaise de Yopougon, notre photo), Charles Diby Koffi, alors ministre de l’Économie et des Finances, était rassurant: «Le coût de l’énergie baissera et la côte d’Ivoire à l’instar des autres pays d’Afrique subsaharienne continuera d’avoir l’électricité à moindre coût», affirmait l’argentier ivoirien. On le sait, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute et les Ivoiriens sont invités à trinquer.
Cette situation ubuesque rappelle les critiques acerbes du RDR, alors dans l’opposition, contre le pouvoir Gbagbo. Dénonçant avec verve la hausse des prix à la pompe du carburant, le RDR proposait des mesures afin «que la hausse des prix à la pompe soit ramenée au niveau moyen des prix du Mali, du Burkina Faso, et du Niger, pays frères de l’hinterland dont la majeure partie des produits pétroliers viennent de la SIR, notre raffinerie et de notre port, le Port d’Abidjan».
«Il s’agissait:
• d’une réduction des prélèvements de l’État,
• de l’optimisation de la structure des prix par ajustement du niveau de péréquation transport,
• de la vérification des montants collectés et mise en œuvre des excédents collectés au titre de la péréquation transport,
• de la suppression du prélèvement pour Stock de Sécurité,
• d’un audit urgent des fonds collectés par la GESTOCI au titre des stocks de sécurité, de l’utilisation de ces fonds et de la mission et du statut de cette entreprise,
• de la mise en œuvre des importants excédents financiers constitués grâce à la part ivoirienne dans les revenus d’exportation de pétrole brut, estimés à 90 000 barils/jour en moyenne en 2006, et à 100 000 Barils/jour en moyenne en 2007, chiffres confirmés par les institutions financières internationales, par les grands centres mondiaux de l’économie pétrolière et par tous les experts.»
Car, protestait Mme Touré Maférima, présidente de la Commission Technique Mines et Énergie du RDR, «l’État n’a pas le droit de faire supporter aux consommateurs seuls, les conséquences de cette crise du pétrole».
Le RDR est au pouvoir. Il a, depuis, tourné le dos à ses propres recettes miracles pour suivre les traces de Laurent Gbagbo, de sorte que la structure des prix du carburant n’a connu aucun changement. Alassane Dramane Ouattara tient vraiment parole : «Ce pays va étonner le monde» car «même les aveugles voient ce que Ouattara est en train de faire». Les erreurs de débutant.

F.B.

Tue, 26 May 2015 15:00:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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