Par Camille Dubruelh
C’est pour parler des évènements du 16 décembre 2010 que le témoin a été appelé par l’accusation. Comme sa déposition écrite a été admise par les juges, Bakayoko Kaladjy n’a pas eu à revenir en détail sur les faits. Il a seulement expliqué à la Cour que son frère, militant du militant du Rassemblement des républicains (RDR), avait été porté disparu le jour de la marche sur la RTI. Son corps n’aurait été retrouvé que plus tard, à la morgue d’Anyama.
Avant d’en revenir à ce thème, la défense de Laurent Gbagbo s’est penchée sur un autre sujet : les évènements à Anonkoua Kouté lors de la crise postélectorale. Le témoin, qui possédait à l’époque son commerce de menuiserie à Anonkoua, a nié avoir entendu parler d’un massacre d’Ebriés dans le village le 6 mars 2011. Ce, même après avoir vu une vidéo présentant les témoignages des victimes. « Je n’ai jamais eu connaissance de ça », a martelé le jeune homme.
Le Commando invisible « enlevait des gens »
Au contraire, il assure que les jeunes Ebriés étaient prompts à la violence. Selon les dires du témoin, dès la période électorale, ils sortaient en armes afin de se rendre aux meetings. Et si les « anciens » de la communauté auraient tenté d’apaiser les choses, « les jeunes ne les écoutaient pas ». Bakayoko Kaladjy a ainsi évoqué une attaque menée en 2011 par les Ebriés dans son quartier d’Agripac. Ils seraient venus « tuer des gens », ce qui aurait forcé le témoin à quitter son domicile.
Interrogé sur le Commando invisible, le témoin est resté plutôt vague. Il a évoqué des personnes qui « enlevaient des gens », « retrouvés morts » par la suite. Mais selon lui, les victimes de ces exactions étaient des pro-Ouattara. Bakayoko Kaladjy a d’ailleurs nié avoir vu des rebelles ou des membres de ce Commando invisible autour d’Anonkoua lors de la crise postélectorale.
La description des lieux ne correspond pas, selon la défense
En fin de journée, la défense de Laurent Gbagbo est finalement revenue sur le 16 décembre 2010. Le jour J, alors qu’il était assis sur un banc dans le quartier, le témoin aurait vu son frère partir pour la marche, avant d’apercevoir les FDS se positionner sur la route menant à Abobo Gare. Les corps habillés auraient tout d’abord lancé des gaz lacrymogènes en direction « des centaines de marcheurs ». Ils auraient ensuite « tirés sur la foule à balles réelles ».
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