Quand les méthodes de la rébellion refont surface
A quoi devrait-on s’attendre quand les «sécurocrates» du régime Ouattara ont fait toutes leurs armes dans la rébellion ? Quand (pour la plupart), ils sont accusés des pires crimes de guerre ? Les différents rapports des organisations nationales et internationales des droits de l’homme n’ont eu cesse de dénoncer les violations graves des droits de l’homme en zone CNO, dans le «Soroland». Koné Zakaria, véritable patron de la «Gestapo» sous Ouattara, Issiaka Ouattara dit Wattao, Fofié Kouakou, Morou Ouattara, Losseni Fofana dit «Loss», Chérif Ousmane ont été tous épinglés dans ces différents rapports. On se souvient encore des exécutions extrajudiciaires, des fusillades de détenus, des assassinats par étouffement dans des containers, des cas de tortures extrêmes dans des lieux de détention officiels et officieux. Socles du régime Ouattara qui les a gavés de grades et autres promotions, les ex-chefs de guerre n’ont pas varié dans leurs méthodes. Arrestations et détentions arbitraires, séquestrations, détentions dans des conditions quasi-inhumaines, avec une floraison de camp de concentration à Abidjan. Des tortures à l’électricité, des brûlures au caoutchouc, des méthodes de noyade ou d’étouffement dans des barriques d’eau… tout y passe. Des faits maintes fois dénoncés par Le Nouveau Courrier, preuves à l’appui, et désormais relevés par des organisations internationales de défense des droits humains, notamment Amnesty International et la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme). Pourquoi le régime a toléré ses pratiques .Même si officiellement c’est Ouattara qui tient les commandes de l’Etat, dans la pratique, les ex-chefs de guerre continuent de détenir une parcelle de pouvoir et de régner en «Com’zones». Puisqu’en même temps qu’ils ont des postes dans l’«administration» Ouattara, plusieurs de ses ex-chefs de guerre maintiennent encore sous leur domination des zones dans le nord du pays. Et dans la plupart des cas, les lieux de détention illégale où on pratique les actes de tortures à volonté sont connus des tenants du pouvoir. Si Ouattara et ses «sécurocrates» laissent faire, c’est pour la simple bonne raison qu’ils entendent maintenir aussi longtemps que possible une situation de terreur, afin d’avoir la sensation de maitriser parfaitement la situation du terrain. Et dans le même, il est plus que difficile à Ouattara de «discipliner» ses troupes et de les faire entrer dans le canevas d’un état de droit, eux qui ont vécu huit années durant dans une sorte de non-droit, ponctuée par d’innombrables violations des droits de l’homme. Coulibaly Gnénéma, ministre en charge des droits de l’homme, un ex-rebelle, a-t-il la capacité de dénoncer dans son propre camp des auteurs de violations des droits humains ? A la réalité non. Il est loin d’avoir assez de cran pour désavouer ses alliés de la rébellion de septembre 2002. On est donc loin de sortir des sentiers de la terreur et de la torture sous Ouattara si le régime n’a même pas l’honnêteté d’admettre les actes de tortures et autres violations des
droits humains des pions essentiels du régime Ouattara.
In Le Nouveau Courrier
Thu, 08 Nov 2012 23:22:00 +0100
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