« Allez admirer les lumières féériques du Plateau » et même « tombez sous le charme de leurs effets spectaculaires»…
Pendant ce temps… La république de Côte d’Ivoire se mue en une république RDR, trempée jusqu’au cou, dans une sombre politique ethno-régionaliste, où seule la promotion des cadres du nord est de mise et ce, au nez et à la barbe des ivoiriens. Une république qui ne se cache pas d’exercer une justice faite pour sévir dans le camp adverse. Une république dans laquelle celui qui, se dit garant de la sécurité des ivoiriens, les expose, sans scrupule, à la barbarie de sa milice tribale, baptisée FRCI, qui démontre au fil du temps son incapacité à trouver une solution aux défaillances constatées dans l’appareil sécuritaire, cet homme que ses partisans ont pompeusement surnommé ‘’la Solution’’. Celui qui sature Abidjan de lumières alors que ses efforts sont résumés ainsi : « la relance se concentre sur les pôles urbains et ne reflète pas encore suffisamment une volonté politique d’assister prioritairement les régions et les communautés qui ont le plus souffert. » (Cf. Rapport International Crisis Group).
L’idée de ces jeux de lumières sur Abidjan, tout-droit sortie des bureaux du palais présidentiel, ne sont, en effet, ni plus ni moins que des subterfuges dont le nouveau pouvoir use pour gagner du temps et camoufler son incapacité à gérer le pays. Des travaux d’éclats dans la ville d’Abidjan, aux lumières féériques, en passant par les sautes d’humeur dramatiques, appuyées de déclarations tapageuses dans les médias, jusqu’aux feux d’artifices annoncés pour la Saint-Sylvestre…, tout n’est que subterfuge, mystification et piteuse comédie d’un régime aux ordres en pleine déliquescence.
Au vu de ce tableau sombre que présente la Côte d’Ivoire, à la veille de l’an 2012, la question : « Alassane Ouattara est-il l’homme qu’il fallait à la Côte d’Ivoire ? », est tombée comme un couperet et circule en ce moment dans les différentes ambassades, et non des moindres : celle des Etats-Unis qui présente la Côte d’Ivoire à ses concitoyens comme un pays à risque et les met en garde: « (…) des risques de troubles sociaux, d’instabilité politique, de violence et de violations des droits de l’homme sont présents dans le pays (la Côte d’Ivoire ndlr) ».
Même si Ouattara demeure ce président reconnu par ‘’la communauté internationale’’ ou plus simplement par la France et les Etats-Unis, même s’il s’illustre par son dévouement sans égal à ces occidentaux et s’emploie à préserver son image de marque au grand dam des ivoiriens, tout économiste affairiste qu’il est, les faits sont là et parlent d’eux-mêmes : « La Côte d’Ivoire vit un contexte de tensions multiformes et de troubles en cette fin d’année 2011 ». Mais encore, il faut considérer: «l’ampleur des efforts à faire pour réconcilier les Ivoiriens avec la politique et les institutions démocratiques et parvenir à un consensus national sur les réformes à mener ».
Alors que tout devrait aller ‘’comme sur des roulettes’’ en l’absence d’une opposition délibérément mise à l’écart, Alassane Ouattara sue à grosse gouttes pour diriger le navire ivoirien, confronté aux dures réalités de l’exercice du pouvoir. L’homme est surtout en proie à des luttes intestines. D’abord dans son propre camp, contre ses alliés d’hier, le PDCI de Konan Bédié, ensuite contre le camp Soro et enfin contre les ivoiriens.
Des ivoiriens qui ont pour l’instant choisi d’observer, d’écouter et de regarder Monsieur Alassane Ouattara battre et danser tout seul son tambour. Après quoi, ce sera leur tour de s’exprimer. Quand le moment sera venu, quand s’achèvera l’illusion ‘’d’Abidjan la perle des lumières’’.
Marc Micael
Thu, 29 Dec 2011 21:42:00 +0100
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