Qui pouvait ignorer que le Mali n’a jamais su régler le problème de l’unité du pays et des diverses ethnies notamment des Touaregs ?
Le moins que l’on puisse dire est que notre président qui a voulu montrer son autorité et son esprit de décision n’a pas su anticiper. Il a fait preuve d’une manifeste impréparation et de précipitation. Prétendre que la France agissait en accord avec la Cedeao et en accord avec ses alliés européens et américains n’est pas crédible. Il n’y eut certes pas d’opposition de leur part à l’action de la France mais la moindre des choses n’était elle pas de s’assurer d’un soutien autrement que verbal qui n’engageait apparemment que le président Hollande. Comment se fait il qu’au bout de six jours d’un engagement militaire par la France un député européen puisse interpeller avec raison la commissaire européenne Catherine Ashton « Vous dites que cette guerre nous concerne tous, tout le monde dit « nous » mais il n’y a que des soldats français sur place, est-ce à dire que vous enverrez des infirmières et que les Français eux se feront tuer ? ».
Jusqu’à aujourd’hui quoiqu’en dise nos responsables politiques, la France est seule parce qu’elle a pris tout le monde de court, elle est partie seule sans prévenir et s’étonne de se trouver seule.
La question légitime que les Français se posent est simplement de savoir ce que fait la France au Mali et qu’y fait-elle seule ? Dans le consensus de la classe politique, malgré les réserves que l’on peut percevoir n’est-il pas étrange que les voix qui devraient être écoutées soient celle paradoxale du « cousin » de Bokassa responsable de l’expédition sur Kolwezi, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing dénonçant aujourd’hui une opération néocoloniale et celle de Dominique De Villepin responsable de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. Il se trouve qu’aujourd’hui la leçon vient de ces deux adversaires politiques que sont Giscard et de Villepin.
Il y eut ce mercredi 17 janvier la spectaculaire prise d’otages en Algérie sur la base de vie du site gazier de In Amenas avec les conséquences catastrophiques considérables en pertes humaines. On ne peut pas être certain que cette opération qui nécessitait une longue opération soit liée directement à l’intervention française et à l’autorisation donnée par l’Algérie de survol de son territoire malgré les déclarations des assaillants. Il me parait vraisemblable qu’elle a été soigneusement préparée et il parait difficile qu’elle ait été improvisée depuis le 13 janvier. L’affirmation qu’il s’agit d’une représaille ne change rien mais est censée lui donner une justification Il est certain que cette opération et l’intervention de l’armée nationale populaire Algérienne internationalise cette affaire, ce qui ne signifie en rien que les problèmes du Mali vont se régler. On annonce l’arrivée de soldats africains, mais on annonce en même temps que la tâche des occidentaux va être de les former. Il est temps et on peut être sceptique quand on sait que la formation déjà donnée à coup de centaines de millions par les Etats Unis a servi à des gens comme le capitaine Sanogo pendant que d’autres se trouvent dans les forces anti-gouvernementales maliennes. Cette formation donnée aux militaires maliens va t-elle permettre aux soldats français de se retirer. ? Il faut se souvenir que Hollande avait affirmé que nous ne devions pas être engagés mais qu’il s’agissait pour la France d’assurer un soutien logistique comme on avait annoncé l’envoi de quelque 300 militaires alors que nous en comptons déjà à peu près 1500.
Nous sommes loin des diverses déclarations souvent contradictoires de Hollande et de Fabius. Il serait temps qu’ils fixent clairement leurs positions en précisant le but final de notre intervention qui « d’arrêter l’avancée des islamistes empêchant la prise de Bamako » est passé à « rétablir l’intégrité du territoire du Mali », ambition , selon moi, illégitime, illégale et impossible de la part de la France.
Combien de temps la France va-t-elle restée dans son ancienne colonie appelée le Soudan français et combien devront nous payer en argent et en vie humaine ?
Bernard Riguet in blogs.mediapart.fr
Thu, 17 Jan 2013 23:02:00 +0100
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