Le nouveau pouvoir ivoirien nous avait habitués à plus risible. Mais, cette fois-ci, c’est la totale. Voir deux ministres se pavaner dans des camps militaires, pour affirmer, tout sourire, que rien ne s’y passe. Mieux, que le camp génie d’Adjamé où règne l’ex- chef rebelle et chef dozo, Koné Zakaria, est plutôt une suite trois étoiles. Et que les organisations de défense des droits de l’homme dont Amnesty International qui s’émeuvent des tortures que le régime Ouattara inflige à tous ses adversaires, en ces lieux ne sont que pure invention. Il faut le faire. Et Coulibaly Gnénéma, ministre des droits de l’homme, devenu célèbre, pour avoir dit que la déportation du Président Gbagbo était la solution de la crise ivoirienne, et son collègue Paul Koffi Koffi, chargé de la défense, l’ont fait. La Côte d’Ivoire en est donc là ? C’est-à-dire à nier l’évidence. Avec un pouvoir qui pense qu’il peut se moquer éperdument de l’intelligence des honnêtes gens. Mais ce qu’Alassane Ouattara et ses hommes oublient, c’est que plus personne n’est dupe. Même pas leurs soutiens occidentaux. En effet, après avoir fait illusion, le temps qu’il était dans l’opposition, Alassane Dramane Ouattara est aujourd’hui rattrapé par la réalité de sa gouvernance. Une dictature des moments sombres de l’histoire de l’humanité, comme on en a connu dans les années 1970 en Amérique latine, notamment. Mais comme le ridicule ne tue pas, les Gnénéma, Koffi Koffi et autres se donnent tous les jours en spectacle, au grand désarroi des Ivoiriens. Heureusement, les faits, eux, sont têtus. Et les nombreuses victimes des tortures du régime Ouattara sont bien réelles. Il faut peut-être rappeler aux deux membres de gouvernement qui semblent l’avoir oublié, que le tortionnaire le plus idiot ne va pas malmener sa victime au moment où deux ministres sont annoncés pour une visite. Et puis, si nos deux ministres l’avaient oublié, il y a d’autres endroits qui ont été cités par les enquêteurs et par tous ceux qui s’intéressent à la vie nationale ivoirienne. Il s’agit de toutes les résidences privées des cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) et des partisans du président Laurent Gbagbo qui restent occupées par les miliciens du régime et qui servent de lieux secrets de détention et de torture. On peut citer, entre autres, la résidence de l’ancien directeur général du port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio, à la Riviéra ; de la place de la liberté de Yopougon ; du camp des Frci de PK 17. Mais aussi de tous les camps Frci disséminés à travers le pays. Mais le comble, c’est qu’après sa mise en scène d’un autre âge, M. Gnénéma, dans tout son sérieux, nous apprend qu’il va faire des enquêtes pour savoir ce qu’il sait déjà et qu’il a déjà dit tout le monde. Reste maintenant à savoir ce qu’en pense, la fameuse communauté internationale, gardienne des jolis principes de démocratie et de respect des droits de l’homme. En tout cas, les Ivoiriens savent désormais que le régime Ouattara n’a aucun scrupule. Et c’est vraiment dommage.
Guillaume T. Gbato in NOTRE VOIE
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