Dans la nuit d’hier, les policiers ivoiriens dépêchés par Abidjan tentent de convaincre leurs homologues ghanéens de leur remettre l’infortuné afin qu’il soit interrogé en Côte d’Ivoire. Ferme opposition des autorités ghanéennes qui exigent que la police de leur pays assiste à la confrontation étant entendu que le ministre Katinan jouissant d’un statut de réfugié, bénéficie d’un certains nombre de prérogatives. La pression des ghanéens finit par avoir raison de la précipitation des ivoiriens et rendez-vous est pris ce matin à 08h dans les locaux d’Interpol pour le grand interrogatoire.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les policiers ivoiriens qui hier, tentaient d’accélérer la procédure ne se présenteront pas au lieu convenu. Relancés à plusieurs reprises par les ghanéens, ils finissent par avouer ne pas être prêt et demande un report de l’interrogatoire au lundi à la même heure. Les responsables d’Interpol Ghana accèdent à la requête des policiers ivoiriens et après concertation, l’interrogatoire est reporté à la date précitée.
Il faut noter que selon des indiscrétions recueillies auprès de certaines personnes à la BNI, pendant que le policier interpellait le ministre Katinan, certains de ses collègues lui reprochaient en Twi, langue locale de le faire juste devant le service.
L’on s’aperçoit donc que profitant du voyage du Président ghanéen John Dramani à New York dans le cadre de l’assemblé générale de l’organisation des nations unies, certains policiers indélicats ghanéens certainement corrompus par le régime d’Abidjan ont tenté ce qui s’apparente à un enlèvement.
Car comment expliquer tout d’abord que les policiers ivoiriens veuillent extrader le ministre Katinan sans l’entendre dans son pays hôte. De surcroît, comment comprendre encore qu’après un si long voyage d’Abidjan à Accra, ils ne soient pas à mesure de fournir les preuves de leurs accusations aux autorités ghanéennes ?
La conclusion à laquelle tout esprit cartésien aboutit est que nous assistons à une scène où le régime Ouattara tente par tous les moyens de contourner la justice tandis que les ghanéens l’y ramènent continuellement.
Les refugiés et exilés ivoiriens tout en étant déçus du fait que le porte-parole du président Gbagbo doit passer une nuit supplémentaire en dehors de sa maison restent déterminés et confiants car les fourberies de Ouattara ne sauraient avoir raison de la justice ghanéenne.
Correspondance de Steve Beko à Accra
Sat, 29 Sep 2012 17:47:00 +0200
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