« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Réactions / Rencontres : Gbagbo-Bédié et Gbagbo-Ado : Ce qu’en pensent des Ivoiriens de la Diaspora

M. OBRE PREGNON (Pdt de l’Union des citoyens ivoiriens, UCI) : «Le geste est noble»
« Le geste en lui-même est noble, parce qu’il faut apaiser la situation socio politique. Mais à un moment donné, il va falloir que le chef de l’Etat prenne ses responsabilités. S’il l’a fait c’est qu’il a analysé le pour et le contre. »

Doumbia Major (Pdt du congrès panafricain pour le renouveau, CPR) : «On attend pour voir»
«C’est une bonne chose, s’il respecte pour une fois les engagements qu’il prend vis-à-vis des Ivoiriens et vis-à-vis de la communauté internationale, qui a toujours douté de sa bonne foi. Mais, on attend pour voir».

M. Momo de Paris (producteur d’artistes) : «Il est obligatoire pour ces trois de trouver la solution à leur propre problème»
«C’est un bon geste, parce qu’au-delà de la politique, nous sommes tous des frères. Logiquement, il ne devait pas avoir d’effet médiatique à ce que les trois grands leaders se rencontrent. Car c’est ensemble qu’on doit apaiser le climat qui devient lourd, surtout pour nous de la diaspora. Loin de notre pays, nous subissons chaque jour la pression des parents qui avant pouvaient se débrouiller seuls. Aujourd’hui avec la crise, le niveau de vie de l’Ivoirien se dégrade de jour en jour. Il faut qu’on aille aux élections pour offrir la paix à la côte d’Ivoire, mais pas avec les armes en main. Si les FN et le Rhdp ont accepté de participer au gouvernement, je crois que c’est parce qu’ils ont trouvé un consensus avec le pouvoir de Gbagbo, par conséquent les armes n’ont plus leur raison d’exister. Enfin, c’est une obligation pour ces leaders politiques de trouver la solution au problème qu’ils ont eux-mêmes créé ».

Paul Oulai (Membre de l’Union pour le développement et les libertés, UDL) : «L’UDL a toujours prôné le dialogue social »
« Je pense qu’il y a eu toujours un dialogue entre nos responsables politiques. Si le président Gbagbo s’est déplacé pour rencontrer ses deux grands opposants, cela fait partie du dialogue social que nous réclamons à l’UDL, avec le camarade Martial Ahipaud. Pour nous, après avoir fait le tour des capitales européennes et africaines, c’est seul le dialogue de Yopougon qu’il faut aux Ivoiriens».

François Guina (Pdt de l’Union des mouvements et associations de la diaspora, UMAD) : «Il a été humble »
« Ce n’est pas donné à un Président de la République, dans une telle configuration, d’aller voir ses opposants et leur tendre la main ; pour dire que voici que nous sommes dans une situation de sortie de crise et que le pays a besoin de tous ses fils. C’est une action que je loue. Je crois que tous les Ivoiriens qui souhaitent que la Côte d’Ivoire regagne la stabilité qu’elle avait dans le temps, doivent féliciter le président Laurent Gbagbo. Il a été humble. Il a laissé son orgueil de chef de l’Etat de côté. Enfin, je pense que c’est entre nous Ivoiriens, en nous serrant les coudes que nous sortirons de cette crise ».

M. Charles Mabi (Pdt du mouvement Gbagbo-Yako): «Si on pouvait avoir régulièrement ce genre d’actions, la Côte d’Ivoire irait mieux»
« Dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, c’est la première fois qu’un chef de l’Etat aussi puissant, pose un geste aussi noble. Je pense que c’est une qualité qu’on ne peut pas retirer au Président de la République. Il a fait fi de son titre de chef de l’Etat pour aller vers ses frères. Non pas en tant que président, mais en tant qu’Ivoirien. Il est allé discuter avec ses frères pour mettre à plat tous les sujets qui concernent la Côte d’Ivoire. Si on pouvait avoir régulièrement ce genre d’actions, la Côte d’ivoire irait mieux. »

Marcel Youpeh (pdt Udpci et RHDP-Europe) : «Les leaders du RHDP doivent écouter la base, même si l’acte de Gbagbo est humain »
«Mon sentiment est que nous au RHDP-Europe, nous avons eu un coup de marteau sur la tête, car ici la mobilisation était totale. C’est dommage que nos responsables n’aient pu suivre. Et ce désaccord entre nos responsables et la base peut leur coûter un jour très cher. Ici à Paris, les militants ont failli me lyncher, lorsque je leur ai annoncé alors que nous étions à 48 h de la marche, son report. Ma surprise a été d’entendre de la bouche du président Anaki (Mfa) que nous devions rester toujours mobilisés même si cette fois-ci ce fut un flop. Parlant de la forme de ces tête-à-tête, j’entends dire que le président Gbagbo a rencontré les deux grands leaders de l’opposition qui ont décidé de reporter la marche, alors que c’était la marche du RHDP qui comprend quatre grands partis politiques (Udpci-Mfa-Pdci-Rdr) et non celle des deux partis politiques que sont le Pdci et le Rdr. Si on parle de petits partis au sein du Rhdp, moi, Youpeh, membre de l’Udpci, donc petit parti, ne serais pas le président du Rhdp-Europe. Il va falloir que nos quatre leaders apprennent à se concerter avant de décider. Si cela n’est pas fait, ça va être très dur pour nous devant Gbagbo et le Fpi. Enfin, j’insiste sur le fait que nos leaders doivent écouter leur base, même si l’acte du président Gbagbo est humain et nous a permis d’éviter d’autres dégâts comme ceux de en février dernier ».

Olivier Toualy Bouabré (opérateur économique) : «C’est encore du théâtre »
« La démarche de Gbagbo est noble. En tant qu’Ivoirien, je suis fatigué. Mon inquiétude est, est-ce que ce n’est pas du théâtre qu’ils sont en train de faire encore. Aujourd’hui beaucoup de jeunes de la diaspora veulent investir en Côte d’Ivoire, mais ne sont pas trop sûrs de nos dirigeants politiques. Que ces derniers nous prouvent le contraire ».

Propos recueillis par Philippe Kouhon

Thu, 20 May 2010 03:08:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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