Or donc, on peut recompter les voix…
Ainsi donc, c’est avec une surprise énorme que de nombreux Ivoiriens ont appris que le recomptage des voix a été choisi comme option pour le règlement du conflit électoral à l’Ump. On souhaite même, au niveau du parti de Nicolas Sarkozy, que le vote soit annulé dans des départements où il y a eu la fraude. Or donc, on peut recourir au recomptage des voix comme solution pour clarifier les choses dans une élection. Que les armes et la violence ne constituent pas une voie démocratique. A l’Ump, une guérilla urbaine, des mercenaires ni des rebelles appuyés de casques bleus de l’Onu ainsi que des éléments des forces spéciales françaises n’ont pas été mobilisés pour renverser Jean-François Copé, le Secrétaire général en exercice ou pour anéantir l’ex-Premier ministre François Fillon. Même si la tension est vive depuis dimanche au sein du parti relativement à ce scrutin. En effet, hier, lundi 19 novembre, la commission interne chargée d’organiser l’élection s’est déclarée impuissante à proclamer les résultats définitifs. Son président, le sénateur Patrice Gélard, a été obligé de suspendre le comptage des voix vers 4h du matin dans la nuit de dimanche à lundi. La raison est essentiellement liée à la fraude constatée çà et là. Il manquait 50% des procès verbaux des départements pour ce scrutin. Eric Ciotti représente le candidat François Fillon dans cette structure et Roger Karoutchi, Jean-François Copé. De part et d’autre, les accusations de fraude fusent comme cela transparaît dans ces déclarations. «Si on enlève les bureaux de vote où il y a eu fraude, j’ai gagné», a déclaré le candidat François Copé sur Bfmtv/Rmc. A travers le journal 20 Minutes, un proche du candidat François Fillon évoque même la reprise des élections. «En cas de doutes, il faudra recommencer l’élection», préconise Jean Léonetti. Bernard Débré, pro-Fillon, se confie, pour sa part, au Parisien en ces termes qui ne souffrent d’aucune ambigüité. «Il y a plus de votants que d’inscrits à Toulouse». En dépit de cette suspicion de part et d’autre, la guerre et la violence n’a pas été préconisé comme solution pour imposer l’un des candidats. Peut-être que là-bas, ils sont des êtres humains et qu’en Afrique, Nicolas Sarkozy estime que nous sommes des sous hommes pour qui, le recomptage des voix était perçu comme un luxe. D’où la violence et la guerre qui nous sied. Et des dirigeants imposés qui doivent être notre apanage. Le discours controversé de Sarkozy à Dakar (Sénégal) n’est-il pas révélateur de son état d’âme ?
Didier Depry et
Benjamin Koré in Notre Voie
Tue, 20 Nov 2012 22:56:00 +0100
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