Le président de la Cdvr a, d’entrée de jeu, décliné les missions assignées à la Cdvr : «En créant la Commission dialogue, vérité et réconciliation, le Président de la République nous a demandé entre autres choses tout aussi importantes, de rechercher la vérité et de situer les responsabilités sur les évènements sociopolitiques nationaux passés et récents. D’entendre les victimes, obtenir la reconnaissance des faits par les auteurs des violations incriminées et le pardon consécutif des victimes; de proposer les moyens de toute nature susceptibles de contribuer à guérir les traumatismes subis par les victimes ; d’identifier et faire des propositions de réalisation des actions de nature à renforcer la cohésion sociale ainsi que l’unité nationale.
Le président Banny affirme que cette mission «est un travail de longue haleine pour lequel un délai de deux ans a été fixé par l’ordonnance du 13 juillet 2011». Il fait remarquer que la réconciliation nationale et la cohésion sociale sont des préoccupations permanentes de tout pouvoir public. Même lorsque aucune guerre n’a divisé les citoyens, rappelle-t-il, «l’Etat s’efforce de maintenir la cohésion sociale qui repose partout sur un équilibre instable». Et d’ajouter : «En Côte d’Ivoire, la situation a été aggravée par des crises répétées qui ont entraîné des pertes en vies humaines, des destructions de biens et la déstructuration de notre société. Ce sont les conséquences graves de cette tragédie qu’il nous est demandé de traiter tout en proposant pour le futur des mesures pour éviter leur répétition».
La Cdvr entrera bientôt dans la phase pratique de la réconciliation. Ce sera ce qu’il appelle le grand tribunal. Les accusés viendront s’expliquer. Le rôle de la Cdvr est de les amener à se repentir et à demander pardon aux victimes. La Cdvr, précise son premier responsable, ne condamne personne parce qu’elle ne peut pas se substituer à la justice. Il fait savoir que les auteurs et victimes seront identifiés, leurs droits reconnus. Selon lui, la Cdvr est au travail. Celui-ci a commencé par la sensibilisation afin de convaincre la population à aller à la réconciliation. 36 Commissions locales, à savoir six à Abidjan et 30 dans les régions, seront créées. D’autres Commissions verront le jour. Il s’agit des Commissions thématiques. Des Commissions spécialisée, heuristique (elle procédera à la revue critique des conclusions des forums passés). Il y aura également des Commissions Enquête, réparation et réhabilitation et Mémorial.
Quels sont les moyens dont dispose la Cdvr pour atteindre ses objectifs? Banny refuse de parler du budget. Il précise, toutefois, que sa structure a demandé à la Banque africaine de développement (Bad) de la financer. Le président de la Cdvr qui considère les journalistes comme les premiers compagnons de la réconciliation a dit qu’au terme du processus, il n’y aura ni vengeance, ni impunité.
Représentant le président du Conseil national de la presse (Cnp), Eugène Dié Kacou convalescent, Me René Bourgoin a invité les journalistes à faire preuve de professionnalisme dans le traitement de l’information.
EMMANUEL KOUASSI In fratmat.info
Fri, 17 Feb 2012 02:05:00 +0100
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