« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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REGARDEZ. Mais au fait, qui est Léon-Gontran Damas ?

Il est le grand oublié de la négritude. Heureusement tiré de son anonymat par une Christiane Taubira au meilleur de sa forme ! Né le 28 mars 1912 en Guyane, Léon Gontran Damas est le cofondateur du mouvement de la négritude avec Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor dans les années 1940. Mais l’histoire n’aura retenu que ces deux acolytes, le biffant injustement de la parenté de ce mouvement politico-littéraire si souvent mis en avant.

Il publie en 1937 son premier livre de poésie, Pigments, puis s’engage dans l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale. À la Libération il est élu député de Guyane de 1948 à 1951. Il fut l’un des parlementaires les plus éloquents de la IVe République et un adversaire résolu de Gaston Monnerville, autre Guyanais célèbre. Il présida notamment la commission d’enquête parlementaire chargée, en 1950, d’enquêter sur les incidents survenus en Côte d’Ivoire et la répression coloniale. Ce rapport est une source bien connue des historiens.

Voyageur infatigable

Son recueil de poésies le plus fameux est Black-Label, publié chez Gallimard en 1956. Il y contient notamment Nous les gueux (à lire en entier ci-dessous), dont une strophe fut récitée à l’Assemblée par la garde des Sceaux. Dans les années 1970, il fait partie de cette cohorte d’intellectuels français respectés et même admirés aux États-Unis. Il s’installe à Washington, enseigne la littérature à la Georgetown University, puis à l’université Howard. Il décède là-bas en 1978, d’un cancer de la gorge, et est enterré dans son île natale.

Son caractère ombrageux lui valut de solides inimitiés et a sans doute handicapé sa postérité. Pendant plus de 20 ans, il a parcouru l’Afrique pour y récolter de la culture, ou le Brésil pour rechercher ce que les esclaves africains y avaient apporté. Bien avant que ces cultures primitives soient à la mode, il contribua grandement à les faire connaître.

Par Jérôme Béglé in lepoint.fr

Fri, 08 Feb 2013 14:03:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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