Les capitales européennes excédées…
A l’ Elysée, c’ est le profil bas pour les comploteurs. Dans la mesure où la crise ivoirienne risque de peser lourd pour le candidat Sarkozy lors de la prochaine campagne de l’ élection présidentielle 2012 en France. Surtout après l’ affaire Strauss Kahn, ex-Dg du Fmi. Un homme qui inquiète Sarkozy et qui pourrait en savoir beaucoup sur certaines choses… Pis, «le Trésor français qui éprouve lui-même des difficultés n’ est pas prêt à débourser
un rond pour les nouveaux maîtres d’ Abidjan», confient des diplomates français, sous cape. Surtout tant que leurs gens en armes circuleront à travers le pays. Mais le malaise créé par le nouveau pouvoir ivoirien ne s’ arrête pas qu’ a Paris. Dans les
capitales européennes où le pouvoir en place a effectué des démarches pour demander des aides et des prêts, «les milieux financiers sont excédés par la propension du régime actuel à tendre la main à tout bout de champ». Même si ceux-ci restent courtois dans le
ton de leurs vagues promesses à Ouattara, une autorité européenne «irritée par le harcèlement» des demandeurs, leur aurait, selon nos sources, répondu ce qui suit de façon cinglante: «Laurent Gbagbo a dirigé la Côte d’ Ivoire pendant que le pays était occupé en partie par les ex-rebelles en mettant en place un budget basé sur les ressources de son pays. Jamais il n’ a demandé un centime à qui que ce soit». En fait, celui-ci n’ a fait que dire tout haut ce que les Européens pensent tout bas de leurs alliés ivoiriens. La réalité est que l ’ Union européenne, confrontée elle-même à une crise économique et budgétaire accrue, n’ a pas d’ argent à donner à un chef d’ Etat africain actuellement. Pour s’ en convaincre, il suffit de comprendre que des pays comme la Grèce, le Portugal, l’ Irlande pour ne citer que les plus malades sont au bord de la faillite. Chaque jour, ces pays en difficulté pleurent et sollicitent l’ aide financière de
l’ Ue qui, jusque-là, n’ a pas encore trouvé un sou pour les sauver de ce naufrage collectif imminent. Une situation qui menace dangereusement l’ union au plan économique et «qui risque d’ ébranler financièrement l’ Europe et même les Etats-
Unis», ont averti les hautes autorités grecques qui sont aujourd’ hui confrontées à des vagues de manifestations syndicales et populaires. Nul n’ est donc besoin de sortir de la plus grande université du monde pour comprendre que les soutiens de Ouattara se cherchent eux mêmes. Et on ne voit pas comment ils trouveraient à l’ heure où nous parlons, 13.000 milliards de F pour Ouattara, alors qu’ ils n’ ont pas encore résolu les problèmes de pays européens, membres de l’ Ue. En clair, ce n’ est pas à un pays africain que l’ Ue donnera de l’ argent au moment où elle a du mal à sortir ses propres membres des problèmes financiers qui les secouent actuellement. Les rêves du nouveau pouvoir quant au déluge de milliards promis par Ouattara lors de sa campagne électorale et attendus par ses électeurs, si elle repose sur une aide de l’ Europe et du Fmi, relèverait tout simplement de la chimère. La désillusion est donc grande pour «les preneurs de crédité» qui essuient actuellement un cinglant revers de la part des leurs alliées qui, comble du désamour, les renvoient à l’ école de Laurent
Gbagbo.
Les bailleurs de fonds renvoient Ouattara à l’école de Gbagbo
En effet, les partenaires de Ouattara lui auraient poliment demandé de s’ inspirer de l’ exemple de Laurent Gbagbo qui, au moment où il était au pouvoir, a su réaliser une prouesse économique dans une situation difficile. En d’ autres termes, «les Blancs ont conseillé au nouveau pouvoir d’ aller demander à Laurent Gbagbo comment il a fait pour diriger un pays en guerre pendant 10 sans prendre crédit», a dit, pour ironiser, un observateur de la scène économique ivoirienne. Avant de rappeler que le président Gbagbo était même sur le point de sortir la Côte d’ Ivoire de l’ endettement car il a réussi, par sa bonne gestion, à atteindre le «Point d’ achèvement de l’ initiative Pays
pauvre très endetté». Et il aurait réussi si Ouattara et ses alliés ne lui avaient pas mis les bâtons dans les roues. Ce qui aurait permis à la Côte d’ Ivoire d’ économiser au moins 500 milliards de F par an. Car, avec Laurent Gbagbo, c’ était du concret, sur la base des ressources propres et du travail des fils et filles de la Côte d’ Ivoire. Et non d’ hypothétiques pluies de milliards, sur la base de l’ aide qu’ on attend des autres. «Cette remarque sur la bonne gestion de l’ économie ivoirienne par Laurent Gbagbo, l’ on s’ en doute, n’ aurait pas été du goût du nouveau pouvoir qui en aurait été vexé et frustré», selon nos sources. Car l’ ombre de Gbagbo, dont les Ivoiriens attendent la libération, plane, plus épaisse que jamais sur le pays, au fur et à mesure que les nouvelles autorités montrent leurs limites.
K. Kouassi Maurice in Le Temps
Thu, 30 Jun 2011 17:56:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.